Ma cousine prend des photos .
Souvenir d'un séjour en Hollande avec Apollinaire et Sylvain Bonmariage. Quelqu'un prend une photo près de nous. Il s'exclame : « Plus besoin de peintres. Abandonnons les détails du paysage aux peintres des écoles périmées » .
Apollinaire ne se déplace pas pour regarder Le Zoute. Il délaisse des fenêtres s'ouvrant sur le cap de Katzand.

Nette préférence pour boire du schiedam et fumer des pipes avec
Le poète Théo Varlet.
Varlet un jour me rejoint pieds nus sur la plage, un beau poème à la bouche :
« Mais le printemps rêveur, qui sait les souvenirs,
Dans le grand Zwyn fleuri se plait à réunir »

Poème dédié à Thérèse, amie de cœur de Colette. Thérèse reçoit tous les jours des lettres de Colette. Bonmariage et Colette se disputent Thérèse.
Théo passionné de communication Universelle en précurseur de Georges Orwell et Jürgen Habermas. Prêche sur la plage. Etonnante profession de foi:
"Tout communique, tout est lié, tout est en tous."
Exactement le contraire des Jouvenel et de Monzie.
Son regard scrute le sable, cherche quelque chose comme une idée. Il la trouve. Me la confie:
"Les mêmes morceaux de broadcasting, les mêmes bandes de cinéma, émeuvent tous les hommes en bloc sur la périphérie du globe ; l'atmosphère spirituelle s'égalise, brassée par les trains rapides, les autos, les avions."
La conviction plisse son front, à moins que ce soit le sable dans ses yeux.
Il balaie l'air avec son bras droit, puis son bras gauche. Le corps est devenu un moulin à vent. Etourdie par le vent, troublée par le corps, je baisse les yeux et lui dit moqueuse : "au bout du bras il manque un plumeau". Il reste silencieux quelques instants, puis enchaîne : " Si je déplace mon bras ici sur la terre, cela influe sur la marche de la lune des planètes et de la machinerie cérébrale"
Nouvelle pause : le temps de lui sourire.
"Tu vois mon petit Claude, je ne suis plus le seul, ou presque, à le savoir : tu as bu l'aperception diluée dans l'air..."
Theo Valet en 1926, 20 ans après son tour du monde.

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