UNE PHRASE POUR RENEE VIVIEN 
je commence ma phrase sur Renée Vivien, ma poétesse, ma
poétesse je me souviens, enveloppée de ton parfum,
enveloppée, comme Hélène de Zuylen, aussi, Renée, je me souviens de
la volupté, ici le mot le plus abject parce que le plus faiblard, le plus
trimard, le plus doucereux, Renée, je me souviens de la fulgurance de
tes yeux : ton châtaigne, brun ou verdissant au soleil,
châtaigne et les autres mots ne vonviennent pas, trop faibles pour te chanter,
trivial, lecteur, ne le disait pas, j'étais une goinfreuse de tes languettes
de poisson crus, toujours bien roulées sur des baguettes de verre,
j'étais suffoquée d'obscurité, touffeuse d'asthme, madeleineuse de
phantasmes comme Marcel, décoction de Mandragore comme
Max, tes beauxcheveux de blond d'argent, je me fulgurisais, à te voir
les masser sur
le haut de ta tête, je m'adlocutais tes trucs à moi-même, moi-même je
me répondais, tes cheveux se dénouent : ah ! beurre du bonheur, ils
se dénouent brin à brin, cheveux de Renée : paille fine
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