| lundi 26 octobre 2009, a 20:40 |
| Bruno Chauvierre et le loup de Chaingy |
Le Loup de Chaingy... Bruno Chauvierre, m'a envoyé, il y a quelques années cette histoire de loups, peu située au sens de Max Jacob, dont il rappelle pourtant la leçon dans un commentaire récent sur mes écrits de blog. Son histoire ne manquant pas d'intérêt, même si la comparaison avec Claude Chauvière est difficile à soutenir, je l'offre aux lecteurs, en espérant que le cousin ne m'en voudra pas et, qu'à l'avenir il se montrera moins exigeant. On remarquera que, mon cousin au R surnuméraire, écrit impersonnellement à la troisième personne, ce qui ne saurait constituer une oeuvre située.
Fulgence Chauvière
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Il contemplait, lorsqu'il dormait chez la mère de sa grand-mère paternelle, cette gravure de bête féroce, apparemment peu adaptée à ses 4 ans- un âge où l'on a peur du loup, même si de savants psychologues lui apprirent, par la suite, que ces animaux phalliques, nécessaires à l'imaginaire enfantin, remplissaient un rôle des plus positifs ; l'arrière-grand-mère avait acheté, chez Feuillatre, rue Sainte-Catherine, à Orléans, cette gravure dont l'enfant, peu précoce, ne sut déchiffrer le titre effrayant que vers sa sixième année : FIGURE DE LA BETE FEROCE, le sous-titre non moins inquiétant : Qui ravage les alentours d'Orléans, ne fut seulement compris que, vers sa septième année, après plus d'un an de cours préparatoire à l'Ecole de la Pomme de Pin, dans la classe de Monsieur Paillard.
IL s'endormait à Saint-Marc, dans le lit de son arrière-grand-mère, lorsque sa grand-mère, à qui ses parents l'avaient confié, partait à Jargeau, soigner ses névralgies faciales, auprès du fameux guérisseur Hareng. Que la pièce soit petite, et, surtout, le lit entouré de tentures en toile de Jouy, procurait à l'enfant, le sentiment d'être protégé des loups redoutés. Sur le buffet, la couronne de mariée de la vieille dame, immuablement disposée dans un globe de verre, constituait un élément certain de réassurance, tout comme l'odeur familière, déferlante, âcre et sucrée des pommes s'échappant du cellier entrouvert.
IL se souvenait, en s'endormant, des promenades avec ses grands-mères, dans cette forêt d'Orléans, pour lui, impénétrable, dès lors que, s'écartant du chemin, du côté de Semoy, on risquait de troubler le refuge des loups. A la lisière de la forêt, les pensionnaires de l'hospice, habillés de blouses grises, ne prévenaient-ils pas l'enfant des dangers qu'il y avait de trop s'aventurer au-delà des frondaisons où leurs gardiens les limitaient ? La grand-mère de son arrière-grand-mère avait transmis le souvenir d'attaques d'enfants et d'adolescents, si bien que l'enfant hérita d'une peur ancestrale où se mêlaient fiction et réalité. Lorsqu'il sut lire, il découvrit le texte entourant l'image, se rendant compte que la scène ne se passait pas à Semoy, mais à Beaugency où une femme fut dévorée par les loups un 25 décembre. Devenu enseignant-chercheur en psychologie de l'enfant, il reconstitua, à partir d'archives, la vérité de cette histoire de loups, encore plus terrible que ne la racontait les anciens. La véritable histoire, datée du 6 décembre 1814, est celle de femmes et d'enfants, ramassant du bois, dans la forêt de Chaingy (à quelques kilomètres à l'ouest d'Orléans). Une louve les attaqua, tuant deux femmes. La bête féroce fut tuée du côté de Cercottes, après une battue conduite par le Préfet, en personne !
IL se souvint longtemps, au moment de ses endormissements, des chuchotements imagés et nimbés de tendresse de la Grand- Mère : « Le loup était recouvert d'écailles et aucune arme ne pouvait l'atteindre. » La main de l'enfant tremblait dans celle de Lucile son arrière-grand-mère. Alors, L'aïeule retirait sa main et lui caressait doucement le front. Il s'endormait et plongeait dans des rêves où les loups avaient des écailles de canard.
Il fut, depuis lors, fasciné par l'horrible, mêlé au fantastique et à l'exagération, comme l'imprimerie y incita, dès ses débuts, ici, en parant le loup des attributs du canard, surtout dans l'imagerie populaire d'Orléans, dont on ne sait pas assez, qu'elle précéda celle d'Epinal, fournissant aux familles, des le début du XVIIIème siècle, des images d'actualité sur lesquelles bien des fantasmes se développèrent à Saint-Marc, chez les ancêtres de l'enfant dont on raconte l'histoire. |
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| mardi 21 avril 2009, a 09:29 |
| Le nouveau roman de Claude Chauvière |
Abel Hermant me propose un scénario de roman:
Faire comme si je me réveillais après une longue amnésie.
. Réveil à l'hôpital après un coma de quatre ans. « Mon petit Claude, imagine que tu ne te rappelles plus de rien. Tu mènes une enquête pour découvrir qui tu es. Tu redécouvres ta famille et toi-même dans des aventures que tu imagines. »
Scénario classique et amusant. Je m'y attelle.
Je revois Abel avec le début de mon nouveau roman :
- Claude Chauvière, tu te réveilles amnésique après quatre ans de coma. Ne demandes surtout à personne qui tu es. Découvres-le, toi-même. Je peux te guider si tu veux. Mon téléphone est au dos de cette carte.
- Merci Monsieur, je ne sais pas qui je suis.
- Sautez dans un taxi avec ma carte, l'hôpital est prévenu. Appelez l'infirmière elle vous apportera vos vêtements et de l'argent. Ne demandez d'explications, ni à l'infirmière, ni au taxi.
J'arrivai à Choisy le Roi avec le taxi.
En accord avec Abel Hermant, décision est prise de demander conseil à un médecin. Les scènes doivent être réalistes.
Cauchemards. Oui, cette idée d'imaginer ma mort me donne des cauchemards.
Non, je n'écrirai pas ce livre idiot. J'en reste à mes romans sentimentaux. Je n'ai rien de commun avec ce pervers d'Abel Hermant.
Oui, je suivrai les conseils de Max Jacob, rencontré hier avec Théophile Briant: éviter Hermant, un type qui tournera mal.
J'éprouve de l'admiration pour Briant et de la répulsion pour Hermant.
livrenblog.blogspot.com : consulter ce site pour découvrir Briant, la photo ci-dessous en provient.

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| vendredi 02 janvier 2009, a 23:59 |
| Souvenons nous de Margot-des-Guérites |

Cauchemar de la guerre cette nuit. Pas de fantasmes . Pas de méditation matinale. Je pense au Noël 1913. Voyage en Lorraine avec le vieux cousin Fulgence Chauvière, 87 ans. On va voir mes cousins en beau pantalon rouge.
Cousins du 160ème régiment d'infanterie .

Fameuse Division de fer .
Décembre 1914 dans le baraquement d'Ecrouves du régiment de mes cousins Chauvière.

Dernier Noël d'Ismaël Chauvière, enfant de vingt ans, tombé à Morhange, le 22 Août 1914, victime des théories sur la guerre à outrance. Léon, tombé à Ypres le 9 novembre 1914
voit les cinq Noëls suivants en captivité.
Le Capital a tué notre jeunesse.
Pieds nus dans la poussière de la route d'Ecrouves, voilà les filles enfants. Filles à soldats qu'ils disent.
N'empêche qu'elles se sont choisi de gracieux surnoms .
Margot-des-Guérites, jolie rousse au visage semé de tâches de son.
Rosière-des-fonds-de-Toul-aux jolis seins. Un lieutenant-médecin les trouvait trop écartés ? Mais dignes d'être opéres dans la Capitale, sur un tapis de table. . Convaincant lieutenant-médecin qui emmena Rosières, comme blessée de guerre se soigner à Paris.
Margot- des- Guérites, comme mon cousin Ismaël fut victime de l'effrayante tête de mort annoncée par Max Jacob à la page 29 du Cornet à dés
Pour les seins de Rosière relire le poète « CAPITALE. TAPIS DE TABLE » à la page 52 du Cornet à dés |
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| vendredi 02 janvier 2009, a 22:31 |
| Corlozo Bruni offre une friture de corlozos |
La mort s'ouvre sur un continent plus jeune. J'y débarque sur les épaules puissantes de l'homme-dolmen. Il y a de la mousse sur le haut de la Tour Eiffel.
Nous y sommes en trois enjambées, complètement dichtempirés, c'est-à-dire trempés . Dans le beau restaurant Jules Verne, Corlozo Bruni nous offre une friture de corlozos. Elle dit : " le corlozo est un petit poisson pêché dans les eaux du golfe du Morbihan, mon petit Claude veillez aux arrêtes. Nicolas s'en ai coinçé une."
Carla admire l'homme-dolmen. Elle s'éclipse avec lui et me laisse son mari.

La lune est maintenant dans les cheveux de l'homme-dolmen . Corlozzo Bruni a les pieds blanchis par les embruns.
Max Jacob termine le nouveau continent au Sacré-Cœur en composant une corbeille de langues frisées.
Le Petit Jésus n'est plus tout nu. Une paysanne bretonne lui donne le sein. C'est ma cousine Marie.

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| jeudi 01 janvier 2009, a 21:35 |
| Un chapelet,un crucifix et une discipline ensanglantée |
Mauvaise mer cette nuit. Le vent a rugi. Enormes vagues écumantes. L'homme-dolmen hurlait plus fort que la mer : « Malheur aux grands, malheur aux méchants ». Les chasseurs de bernaches se sont sauvés, effrayés. A minuit, fin de ce premier janvier. Plus rien. l'homme-dolmen se brise sur les rochers. J emmène Mac Orlan dans son refuge de Liouse. Mac Orlan recueille le trésor de l'homme-dolmen. Il repart avec un chapelet, un crucifix et une discipline ensanglantée, comme celle-ci.
Il se Avec la discipline il se flagellait
ainsi:

Trésor destiné à Max Jacob. Il a déjà rencontré Dieu, 7, rue de Ravignan.
Au coucher du soleil, je médite, heureuse pour l'homme-dolmen. Comme mon premier amour, le chemineau Malézieux, il est maintenant avec Dieu. Le ciel est promis à ceux qui sont persécutés pour Jésus-Christ |
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| lundi 29 décembre 2008, a 18:25 |
| Liste de 7 de mes péchés |
Liste de 7 de mes péchés :
1) Je suis gourmande de tout et me goinfre sans limites.
2) Par simple intérêt, j'offre mon corps avec la plus basse des sensualités.
3) Pour un maigre succès littéraire, je joue la plus vile des comédies à la plus grande écrivaine française
4) Je suis infidèle
5) Je m'auto-mutile
6) Je suis lâche.
7 ) Je trahis mes idées et ceux qui m'aiment.

Méditation dans un petit appartement en face de la rue Ravignan prêté par l'ami Torfueb.
Pas loin de la chambre où Max vit Dieu apparaître. Essai de méditation comme Max Jacob. Mais, pas d'espoir de dessiner, dans la chambre, la moindre forme d'apparition divine. Rien ne va très fort pour moi, Claude Chauvière, femme de Lettres dont les livres intéressent uniquement la femme à qui. je me donne, par la plus basse des sensualités et, la plus vile des comédies..
Brisures. Fêlures. Max parlerait « d'absolu ratage de la vie ».
La cause ? Ma faiblesse de caractère. Impossible de dire non . Lâcheté ; faute de dire non, je trahis et change d'idée comme d'interlocuteur. Je trompe les autres et moi-même.
Je suis les autres dans leurs transgressions. Plus souvent encore, je les y précède. Je ne prends rien au sérieux, ni moi-même, ni les autres ? Banalisation des évènements les plus graves, surtout ceux qui me frappent. Mes proches en souffrent. Surtout mon mari Georges . Résultat : on m'a volé mon Amour. Bien fait pour moi, même si dans mon livre j'écris le contraire. Egoïste, je ne pressens pas les conséquences de ce qui touche les miens quand je transgresse
Ceux qui ne me saluent plus ont bien raison ; je n'ai pas été capable d'être fidèle, ni à mon conjoint, ma famille, mes amis. Idées politiques trahies. Je me diffame moi-même. Je m'injurie et me frappe. Je porte atteinte à la créature créée par Dieu. |
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| dimanche 28 décembre 2008, a 23:14 |
| Anniversaire : Max Jacob le 28 décembre 1943 |

Soixante cinq ans déjà.
28 décembre 1943
L'étau de la mort allemande se resserre.
Max Jacob médite sur la mort. Harmonie avec l'enseignement de Saint Benoit :
« Craindre le jour du jugement, redouter l'enfer, désirer la vie éternelle de toute l'ardeur de son âme, avoir devant les yeux la menace de la mort, veiller à toute heure sur les actions de la vie »
Pour Robert Szigeti , son nouveau filleul, Max Jacob résume :
« tâche de faire une méditation tous les jours : c'est indispensable ! Si on ne se remet pas en esprit les dogmes tous les jours, on devient un chrétien machinal comme ils sont tous et ce n'est plus qu'un genre de vie sans intérêt. La méditation la plume à la main n'est pas fameuse mais ça vaut mieux que rien. Cependant n'oublie pas ceci : il ne s'agit pas detrouver des idées, il s'agit d'approfondir les mêmes idées, de les faire descendre dans l'estomac, de les souffrir jusqu'à en crier, de les appliquer à la vie quotidienne, de les rattacher aux plus minces détails de la journée… Il y a dans l'introduction à la vie dévote, dix méditations à faire tous les jours, une par jour et on recommence. Fais-les ainsi en creusant comme je fais depuis 1915. Lève toi une heure plus tôt dans cette intention »
Oui, moi je crois aussi que le sentiment enveloppe l'acte.
Le dogme résonne dans le corps et le psychisme, évitant à l'acte religieux son côté machinal. Suivons aujourd'hui les conseils de vie intérieure donnés par Max aux jeunes poètes. Mon absence de racines sémitiques et orientales me gène. Le cartésianisme est chez moi trop important. Ma piété n'est pas assez expressive et démonstrative. Puisse un jour mon corps s'impliquer totalement, jusque dans les sanglots du chemin de croix.
J'aime la vie. Max y a mordu à belles dents. On se blesse à la vie. On en ressent la précarité. On sait mieux aider son prochain à accueillir la vie. |
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| dimanche 28 décembre 2008, a 21:34 |
| Max Jacob et Pierre Mac Orlan |
Max Jacob et Mac Orlan boivent des verres chez Monsieur Jules,
patron à gros biceps.
Dans la cour le lilas et le bosquet tremblent. car les haltères
retombent par terre.
Max Jacob dessine Monsieur Jules.
Mac Orlan plaint un client, mort avec son chien et enterré sans lui.
Comme Mesrine et son petit chien, criblés de coups à Barbès.
Ci-dessous extrait de wikipédia
Le Lapin agile à Montmartre.
Pierre Mac Orlan (nous l'appellerons dorénavant de ce nom) connaît toujours des conditons de vie précaires. Il occupe épisodiquement à Montmartre une chambre dans le mythique Bateau-Lavoir, où il fait la connaissance des peintres Vlaminck et Picasso, des poètes Max Jacob et André Salmon, de quelques autres qui n'ont pas laissé de nom dans l'histoire de l'art ou de la littérature. Il se liera plus tard d'amitié avec Guillaume Apollinaire.
Le soir, en compagnie de quelques-uns de ses amis artistes, il fréquente le cabaret de Frédéric Gérard : Le Lapin Agile, sur le livre d'or duquel Max Jacob écrira un soir ce quatrain
:
Paris, la mer qui pense apporte
ce soir au coin de ta porte
Ô tavernier du quai des Brumes
sa gerbe d'écume [16]
... Dont l'avant-dernier vers donnera son titre au plus connu, sinon au plus lu, des romans de Pierre Mac Orlan[17 |
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| vendredi 26 décembre 2008, a 21:38 |
| 7, rue Ravignan |
Rue Ravignan

Noël immortel. Dédaigneux de la discrimination. Amoureux d'une humanité exacte.
Comme Max Jacob, chaque jour de l'année, rue Ravignan. Chambre hétéroclite. La Sainte Providence y guide le poète.
La chambre est au rez-de-chaussée. Max Jacob écrit. Sa lampe
fumeuse éclaire peu. Les locataires jettent leurs ordures ménagères dans la cour.
Un jour douteux passe transpire par la fenêtre.
Faible lumière.
Au fond de la chambre, il y a des personnes immobiles dans des coins peu éclairés. Faible lumière de la lampe mystério- fumeuse.
Max Jacob reçoit, chaque lundi, des inconnus muets comme des conspirateurs. Inconnus moins pressés que les copains piocheurs des idées de Max. Ah ! les poèmes des dernières nuits « Ce qu'on tapera là-dedans ! disait Mac-Orlan » ( CD, p. 15)
Les autres jours « ce sont toujours les mêmes qui remontent ! Aux mêmes heures, ils passent gais ou tristes » (CD , p. 82.)
Max Jacob aime situer les passants. Les voilà mis à distance, détachés de l'opacité quotidienne, interpellés avec une ironie légère, en leur donnant « les noms des défunts de l'Histoire… Castor et Pollux sont les dames du cinquième » (CD , p. 82.)
Tendresse particulière pour le pauvre et mystérieux chiffonnier, « nommé d'un nom célèbre et noble, je t'ai nommé Dostoïewsky » ( CD , p. 82.)
Au petit matin, quand il éteint sa lampe, Max Jacob s'extasie devant la féerie du chiffonnier. Il trie les ordures géantes de la petite cour. Silencieusement. Lentement.
Attitude située. Vie intérieure qui rend Max Jacob perméable à la conscience d'autrui. Avec une collection de perméables. Il est perméable à son prochain . Immense philosophie de la vie.
Chaque lundi, Max Jacob est en habit pour sa cérémonie. Corps cintré dans un perméable de cocher. Homme du monde. Chapeau haut-de-forme pour l'escalade des mots.
Son propos est flatteur quand il ne décoche pas de flèches.
Et moi (Max) à Picasso : « C'est vrai que X c'est mieux que moi ? - Tu sais bien que les imitateurs c'est toujours mieux que les inventeurs ! »( CD , p. 13)
L'archer ne manque jamais sa cible. Il se déguise en gaffeur. Voilà Picasso, plus imitateur qu'inventeur.
70 ans avant l'heure, Max Jacob annonce l'exposition Picasso et ses Maîtres.
Le carquois de Max est plein de flèches. Des malices se bousculent sous son chapeau.
En 1907, il est prêt pour la psychanalyse lacanienne alors que Jacques Lacan tête encore sa mère..
« je me suis appliqué à saisir en moi de toute manière les données de l'inconscient : mots en liberté, associations hasardeuses des idées, rêves de la nuit et du jour, hallucinations etc… » ( CD , p. 17 )
Jacques Lacan attendra plus de 30 ans avant de dire que le discours de l'inconscient est structuré comme un langage.
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| mardi 28 octobre 2008, a 22:23 |
| Max Jacob ou le poisson sur la paille |
Liane s'interroge sur sa vie dissolue. Max la pousse à prier. Il l'incite à faire pénitence. Elle confesse ses doutes sur Max :
Elle : Les instincts s'agitent en lui
Moi: Mais c'est un saint homme !
Elle: Il est dans notre religion comme un poisson sur la paille
Moi: Mais il s'est converti !
Je crois me souvenir que Liane n'était pas Dreyfusarde.
Moi : Dîtes votre religion. Ma foi est celle du charbonnier, pas celle de Monseigneur Dupanloup.
Elle: C'est vrai, je dois me corriger. Je suis déformée par Saint Anne d'Auray ( son couvent de jeune fille). Max n'est pas venu pour la Sainte Anne. Je lui en veux. Alors je suis méchante. Quitter Saint-Benoît, c'est pour lui « aller au pêché ».
Moi: Seul le Dieu de Max sait combien il souffre. Les curés de Saint Benoît veulent qu'il écrive d'une façon conforme à cette religion. Un poisson sur la paille, vous n'avez pas tort.
( Liane finira ses jours au couvent. Baptisée Anne, elle rendra l' âme sous le nom de Sœur Anne Marie de la Pénitence ) |
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| jeudi 04 septembre 2008, a 18:55 |
| Max Jacob a séduit le cocher du corbillard |
Aujourd'hui, j'assiste avec Mireille Havet à l'enterrement d'Eval Gouel, la maîtresse de Picasso. Max arrive bourré comme une huitre, séduit le cocher du corbillard et l'embarque en lui glissant un billet. A cause de lui on a attendu pendant une heure le remplacement du cocher amoureux. Mireille trouve l'histoire épatante. Pas moi. Mireille a une telle aversion des convenances que l'enlèvement du croquemort l'enchante. Pour Picasso
" Max grésille dans Paris . "
A chacun son enfer ! |
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| lundi 01 septembre 2008, a 19:10 |
| Mignonneries. |
Mignonneries,
S'attarder sur les mots d'enfant. Perte de temps pour mon père, "Ne nous attardons pas en mignonneries" répétait-il.
Dommage !
Mignonneries fumistes de Max.
Saveur des mots ramenés du passé, lorsque la mémoire les préserve de l'oubli.
Mots pour la bouche qui prononce.
Mots pour l'oeil qui regarde.
Mots pour l'oreille qui entend.
Fumisterie et poésie de la langouste atmosphérique de Max. Le songe du poète est comme celui de l'enfant.
Saveur du tilleul. Proust. Image de mémoire dessinant la fleur.
Bonheur. Les mignonneries sortent d l'oubli oubli.
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| dimanche 31 août 2008, a 17:58 |
| La langouste atmosphérique |
Ce soir, Max va dormir chez Charles Granval, l''acteur qui ne veut pas qu'on l'appelle Grivoubal, rue de Grenelle. Il a quitté l'an dernier la rue Gabrielle, pour le presbytère de Saint Benoit-sur-Loire. Je suis allée lui rendre visite, Il y vit son existence chrétienne dans la perfection. il est vrai que jusqu'ici je n'ai jamais cru ni en Dieu ni au Diable, même si Max veut me faire rencontrer Dieu alors que Mireille Havet en appelle à ma rencontre avec le diable.
Le repas terminé, nous ne disons plus mot, le temps est comme suspendu . Une douce chaleur monte en moi. Bonheur nimbé de nostalgie. Les saveurs et les odeurs de ces plats de mon enfance s'accrochent comme des gougouttes sur mes récifs de mémoire. Gougouttes, ce mot de maman, accroche ma pensée consolide la force d'évocation des souvenirs.
La soirée se termine en feu d'artifice. Max s'installe au piano et, miracle de l'évocation des souvenirs d'enfance, joue et chante avec sa voix de fausset LA LANGOUSTE ATMOSPHERIQUE, chansonnette de Charles de Crémieux fredonnée par sa mère sa mère . C'est un extrait de V'lan dans l'oeil créée en 1867 par Florimont Hervé et reprise par Offenbach . Cette chanson est tellement accrochée à lui que je Mireille Havet l'a déjà entendu la chanter rue des Abbesses avec Apollinaire au grand étonnement des passants.
Ecoutez bien cette histoire véridique,
C'est celle de la langouste athmosphérique
Latorilla ! Latorilla ! Sautez ! Dansez
Trompettes et basse, entournez la ritournelle
Ronflez tambours, en avant la pastourelle,
Latorilla ! Latorilla ! Good morning soeur !
Le morceau terminé, Max retrouve soudainement son plus grand sérieux,
essuie son monocle et me fixe gravement.
-- Mon petit Claude il est minuit, je dois être à jeun pour communier à la première messe du Sacré- Coeur.
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| samedi 30 août 2008, a 18:36 |
| La salade de haricots verts |
Chez moi, Avenue Félix Faure. Je mets la table. Simplement deux assiettes avec un fond de salade verte. J'ai acheté en bas de chez moi, chez l'épicier Poitronaud des haricots verts. J'en avait marre d'entendre le vieil homme me seriner aux oreilles " haricot vert ... haricot frais... haricot... haricot..." . Le bougre sait que j'aime les haricots verts, comme les cuisinait maman.
- Madame Chauvière, ils sont tout fins, tout fins, comme Madame Maria les aimait. Faîtes surtout une bonne vinaigrette !
- Donnez moi aussi une demi livre de tomates, mais bien mûres, et puis choisissez moi quelques belles feuilles de salade.
Max apprécie, il est en extase devant ma vinaigrette dont son jabot mauve est maintenant recouvert. Distrait, il dépose sa fourchette sale dans mon assiette. Il postillonne sur mon pain.
- Mon petit Claude, si tu me donnes la recette de la vinaigrette, je te donnerai celle de ma décoction de Mandragore.
- Va pour la vinaigrette; 6 cuillerées à soupe d'huile dolive, 1 cuillerée à soupe de vinaigre de vin, 1 cuillerée à soupe de moutarde, 1/2 citron,1 cuillerée à soupe de persil plat haché, 1/2 cuillerée à soupe de cerfeuil ciselé, sel, poivre.
-- Donnes moi toute la recette pas seulement la vinaigrette, je te donnerai tout sur ma fabuleuse décoction de mandragore.
__ Tu fais cuire les haricots dans une gande quantité d'eau bouillie, surtout tu ne couvres pas, si tu veux que les haricots gardent leur belle couleur.
-- Combien de temps je les fais cuire ?
-- 8 à 12 minutes suivant leur grosseur. Tu les passes alors sous l'eau froide pour arrêter la cuisson et tu fais égoutter.
-- Et comment j'organise tout çà ?
-- Les tomates tu les laves,épluches,épépines, coupes en dés.
-- Cornet à dés !
-- Max, tu me fais rigoler, haches plutôt les écalotes et le persil, cisèle le cerfeuil pour qu'il garde son arôme. Tu laves, essore tes belles feilles de salade. Tu mélanges tout, sauf la salade, avec la vinaigrette. Au final tu déposes la salade de haricots dans les assiettes sur fond de salade. Tu sers froid ou tiède comme ce soir.
Max est pensif. Il arrête de manger.
-- Mon petit Claude, tu me fais penser à Proust.
-- Encore !
-- Oui, Proust que je connais bien émaille son oeuvre de mots aussi bien assaisonnés que ta sauce. Tu sais, la nourriture porte les énigmes de chacun. françoise est un peu l'alphabet du passé de Proust. Je crois bien qu'il parle des haricots verts dans La Prisonnière.
Je viens de lire le livre et je ne me souviens pourtant pas de cette histoire d' haricots verts. Je vais chercher le livre, le feuillette et découvre un petit passage qui correspond bien à mes haricots, je tends le livre à Max dont la diction est si belle;
-- Je ne veux plus pour nos dîners que des choses dont nous aurons entendu le cri. C'est trop amusant. Et dire qu'il faut encore deux mois pour que nous entendions : "Haricotsverts et tendres haricots, vlà l'haricot vert. Comme c'est bien dit : Tendres haricots ! Vous savez que je les veux tout fins, tout fins, ruisselants de vinaigrette; on ne dirait pas qu'on les mange, c'est frais comme une rosée."
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Moi, Fulgence Chauvière, je retrouve dans mon histoire romancée, le plaisir éprouvé il y a quelques années avec mon cousin Bruno
Chauvierre qui, habitant au deuxième étage du 54 avenue Félix Faure, s'amusait à l'aide d'une canne à pêche à hisser jusqu'à lui les salades du petit-fils Poitronaud . Un jour l'épicier tira sur le fil, Bruno lâcha prise, l'épicier tomba au milieu de ses légumes , mais fait plus grave déchira son pantalon jusqu'à dénuder ses fesses..
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| lundi 25 août 2008, a 17:53 |
| Le Départ |
Allais- je suivre Max dans la célébration d'Appolinaire?
N'était-ce pas un piège tendu pour éviter notre explication de ce soir ?
Plus que l'amour, Max chante le départ.
Obsédé par ses fins dernières, il exploite le rendez vous sur ce pont pour célébrer son propre départ, comme celui d'Appolinaire.
Les fleurs ne sont pas seulement pour moi. Elles sont offertes aux disparus, ceux de demain et ceux d'hier comme Guillaume.
Départ d'Appolinaire le samedi 9 novembre 1918
Mireille Havet et moi lui rendons visite le 11 novembre 1918. L'Armistice signé ce matin a rempli le Boulevard Saint Germain de parisiens en liesse.
Sous les fenêtres d'Appolinaire, la foule déferle en scandant : " Conspuez Guillaume ! Conspuez Guillaume ! ". Ironie du sort, empereur détesté et poète tant aimé ont le même prénom.
Mireille en cet instant a récité " Le poème du Mal Aimé "
Pas simple de partir.
Dans " le Laboratoire Central" , Max tricote sur ce thème. Prémonition de son propre départ ? Réminiscences des départs de personnes aimées ? Pour moi, rien d'autre à faire que réciter le beau poème de Max:
Adieu aussi mon fleuve clair ovale,
Adieu montagne ! adieu arbres chéris !
C'est vous qui êtes ma capitale
Et mon Paris.
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Comme je le fais régulièrement, je parle avec le cousin Bruno Chauvierre de mes petits écrits présentés sur ce blog. C'est fou comme il en sait des choses. O, certes, il ne présente pas toujours les évènements sous leurs plus beaux jours. Pour lui, le pont Mirabeau évoque surtout l'île des cygnes, surnommée l'île des singes du temps du député Chauvière. Des chiffonniers, colleurs d'affiches et agents des basses-oeuvres d'Emmanuel, hantaient ces lieux de la barrière de Grenelle où, les cheveux se vendaient trois francs la livre, avant de servir de perruques aux hommes et aux poupées, où les chiffons se mettaient en balles de 120 kilogrammes, où l'on faisait bouillir les vieux bouchons pour les rajeunir et les fournir aux pharmaciens afin de boucher leur flacons.
Bruno Chauvierre, qui, sensible à ce qu'il dit à la condition des gens de peu, passe beaucoup de temps dans les archives de la Préfecture de Police à reconstituer la vie des taudis sordides et louches des maîtres du crochet.
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| dimanche 24 août 2008, a 10:23 |
| Poéme de Max Jacob sur un ventre proéminent. |
Max Jacob transmets des intuitions. Revenue chez moi, Avenue Félix Faure, je vais droit sur le Cornet à dés recueil de poèmes de Max. Poèmes en prose qui s'ouvrent sur deux textes intitulés 1914. Je relis le second :
Son ventre proéminent porte un corset
d'éloignement. Son chapeau à plumes
est plat ; son visage est une effrayante tête
de mort, mais brune et si féroce qu'on croirait
voir quelque corne de rhinocéros ou dent
supplémentaire à son terrible maxillaire.
O vision sinistre de la mort allemande.
Texte écrit en 1909, Max me l'a dit. C'est qu'il est prophétique l'ami Max !
Il ne se contente pas de lire la bonne aventure à sa riche baronne. Il écrit des choses qui se réalisent quelques années plus tard, d'une façon ou d'une autre.
Avec Max, on passe sans transition de la plus grosse bouffonnerie à la réflexion la plus profonde.C'est le maître de la Méditation
Le Cornet à dés ouvre une réflexion sur la mort qui tenaille Max sans
cesse. La composition du recueil est contemporaine de deux évènements de Vie:
- Octobre 1909 : apparition du Christ dans la chambre de la rue
Ravignan.
- Février 1915 : son baptême avec Picasso comme parrain.
Il va falloir que je parle tranquillement avec Max de tout ça. Je vais l'inviter chez moi, Avenue Félix Faure. Marre de le rencontrer toujours dans des bars ou restaurants au public frélaté.
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Bruno Chauvierre persiste avec son archidrame flagellateur , façon Paulin Gagne. Je lui montre ce que j'écris, et c'est vrai qu'il me conseille. Reste qu'il me faut supporter les déclamations de son archidrame.
Dernier exemple: il se déguise en chiffonnier à la gorge entaillée, l'oeil presque crévé, le front fendu par un coup de crochet à la suite d'une soi-disanr rixe sanglante; Et le voilà qui déclame:
- Bah ! Tout ça, c'est du velours! J'ai voulu dévisser le caillou à Courtebotte, il m'a égratigné le parchemin et soufflé ma Mirette, nous sommes manche à manche.
Langage incompréhensible, efforts inutiles de ce pauvre cousin, habitué à ne jamais faire comme personne! |
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| samedi 23 août 2008, a 15:23 |
| Max et moi, on bouffera les cons |
Lui : " Mon petit Claude, pourquoi es-tu tendre avec moi? "
Moi : " Parceque tu as une belle âme"
Lui : " Pourtant je suis moche comme un pou qui aurait un bide de goret !"
Moi : " Les types que je connais ont une âme noire. Bah ! Je t'aime avec ta corne de rhinocéros".
Lui : " Plutôt un loup... pour ëtre libre et te défendre ma chérie. Les
ventres proéminents des cochons, c'est les ventres des soldats
teutonniques, Moi, j'aime trop la liberté. Je veux être loup. Pas cette
bête à la tête de mort effrayante que ,dans mes rêves, j'imagine
brune et féroce"
Moi " Quel bonheur de vivre mon truisme avec toi"
Lui : " Nous ne serons des bêtes qu'à la pleine lune, des loups avec des
chapeaux à plumes"
Moi; " Bah! pour les autres quartiers de lune nous mettrons nos humains
horipeaux"
Lui; " Et pour ces quartiers nous irons dire la bonne aventure chez la
princesse et les duchesses. On mettra des corsets d'évitement
sur leurs ventres souvent proéminents.
Moi : " Et les jours de pleine lune, toi mon beau loup, tu dévoreras les
cons et on les bouffera ensemble"" |
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| vendredi 22 août 2008, a 20:23 |
| Caresser le ventre de Max |
Max a de courtes jambes portant avec peine un gros ventre mou qu'il me demande de caresser. Ce ventre n'est caressé que par moi dit-t-il. Je suis sa seule femme.
Seule ? Sans blague...
J'aime cet homme diforme dont je sens le sexe brûlant sous les horipeaux qui recouvrent son corps. J'aime ce ventre mou, ce doudou à
tripoter, cet édredon où se blottir. Après deux maris et bien des mésaventures, je n'aime plus les hommes, je leur préfère ce cochon
martyrique.
Moi: Racontes Saint Hilarion.
Lui ; Avant de rencontrer Saint Antoine il s'appelait Eros
Moi : Et alors ?
Lui : Je suis comme lui. Avant de connaître Saint Benoit j'étais Eros,
maintenant , même à Paris, je suis Saint Hilarion.
Eros hier, Saint Hilarion aujourd'hui, la métamorphose me laisse dubitative. Difficile d'y croire quand la pression de son membre se fait si insistante. |
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| vendredi 22 août 2008, a 16:45 |
| Max Jacob poursuivi comme Saint Hilarion |
Suite du dialogue avec Max :
Moi : " Pourquoi te brûles-tu les pieds à Paris ? "
Lui : " Parceque ma vie dissolue me conduit droit au purgatoire où
l'on souffre presque autant qu'en enfer "
Moi : " Ta piété te rends fou . Va moins à la messe, ne te confesse plus,
cesse de communier ; tu peux aussi retourner plus souvent à
Saint Benoit " .
Lui : " A Saint Benoit je suis poursuivi par le démon comme
Saint Hilarion dans le désert "
Formule de convenance? Ou conviction d'être possédé par le démon?
Ma perplexité est d'autant plus grande que mon Saint Hilarion, berceau de ma famille paternelle est dans les Yvelines, c'est à dire bien loin de la Palestine . Le délire mystique de Max ne colle pas avec ce que je sais de l'histoire de ma famille. Raison de plus pour demander à Max de me parler du saint homme, victime triomphante des démons du désert.
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| vendredi 22 août 2008, a 12:15 |
| Les pieds de Max Jacob |
Etonnant dialogue avec Max Jacob. Il dit en rognonnant : Ce n'est rien, c'est mes plantes de pied. D'abord je doute de l'expression, et demande : Plante de pied ? Il élève la voix et répète fort : Plante de pied.
Il me regarde et dit:
-Moi... je suis un homme qui se brûle les pieds à Paris.
Pourtant le tout Paris raffolle de Max. Peintres, poètes, princesses viennent sur la pointe des pieds quémander sa présence dans les cercles les plus prisés. Marcel Proust regrette de ne pas l'avoir connu plus tôt. C'est vrai qu'il aurait eu fière allure dans les soirées de Madame Verdurin. |
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| jeudi 21 août 2008, a 21:09 |
| Emmanuel Chauvière aurait aimé Max Jacob. |
Je ne cesse de penser à Max Jacob. Je crois qu'il trouve sa voie dans la prière. Il a déjà eu plusieurs apparitions divines. Il voit souvent la vierge. Picasso est son Parrain. Son âme et son esprit flottent très haut. On comprend pourquoi il ne se soucie pas de l'apparence. A l'inverse de Léautaud, sa vêture est sans affectation. Pas de dandysme chez Max. Le mérite de Léautaud , c'est quand même de privilégier sa différence avec un naturel qu défie les conventions sociales . Papa accordait beaucoup d'importance à ce naturel qu'il avait conservé, malgré les dures épreuves de sa vie .La religion en moins, papa aurait aimé Max Jacob. Oui, Emmanuel Chauvière aurait aimé Max Jacob. |
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| jeudi 21 août 2008, a 20:56 |
| Avec Max Jacob, chez Natalie Barney. |
Max Jacob rencontré chez Natali Barney. Génial.
Picasso ou Max ? Question du salon Barney.
Natalie le dit: " Picasso pique son génie à Max ".

Brillant, extravagant . Max est fringué comme l'as des cartes à jouer. Chaussettes rouges tricotées par Liane de Pougy. Redingote de cocher cintrée.
Max part demain à Saint Benoit . Pour son âme.
"Paris, c'est la perdition" qu'il dit. Souffrance.
Reconnaissance artistique de Picasso éclatante . Max galère. Picasso fait de l'argent. Il dit que " Les pieds de Max Jacob grésillent à Paris." Il ne mange plus dans l'assiette de Max.
C'est vrai qu'il y fait plein de Fantaisies. A moins que ce soit vraiment du sérieux incompris
.
Max peut il se priver de ceux qui l'admirent tant ?
Peut il se passer de Liane de Pougy ?

Les jeunes pousses comme Raymond Radiguet peuvent-elles se passer de lui ? sans Max,pas de diable au corps !

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| Présentation | monpetitclaude
Mêlant éléments biographiques et imaginaires, je me glisse dans la peau de Claude Chauvière, au plus près de sa relation à Colette.
Fulgence Chauvière
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