Le succès de Marie Ndiaye est celui de la diversité, preuve que l'intégration ne réussit pas que pour Rama Yade et Rachida Dati.
Qu'une fille de Sénégalais et de Beauceronne -des lieux qui inspirèrent la Terre de Zola, prend une valeur symbolique dans le psyché du « tous ensemble »
Le succès de Marie Ndiaye est celui de la diversité, preuve que l'intégration ne réussit pas que pour Rama Yade et Rachida Dati.
Qu'une fille de Sénégalais et de Beauceronne -des lieux qui inspirèrent la Terre de Zola, prend une valeur symbolique dans le psyché du « tous ensemble »
Le Loup de Chaingy... Bruno Chauvierre, m'a envoyé, il y a quelques années cette histoire de loups, peu située au sens de Max Jacob, dont il rappelle pourtant la leçon dans un commentaire récent sur mes écrits de blog. Son histoire ne manquant pas d'intérêt, même si la comparaison avec Claude Chauvière est difficile à soutenir, je l'offre aux lecteurs, en espérant que le cousin ne m'en voudra pas et, qu'à l'avenir il se montrera moins exigeant. On remarquera que, mon cousin au R surnuméraire, écrit impersonnellement à la troisième personne, ce qui ne saurait constituer une oeuvre située.
Fulgence Chauvière
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Il contemplait, lorsqu'il dormait chez la mère de sa grand-mère paternelle, cette gravure de bête féroce, apparemment peu adaptée à ses 4 ans- un âge où l'on a peur du loup, même si de savants psychologues lui apprirent, par la suite, que ces animaux phalliques, nécessaires à l'imaginaire enfantin, remplissaient un rôle des plus positifs ; l'arrière-grand-mère avait acheté, chez Feuillatre, rue Sainte-Catherine, à Orléans, cette gravure dont l'enfant, peu précoce, ne sut déchiffrer le titre effrayant que vers sa sixième année : FIGURE DE LA BETE FEROCE, le sous-titre non moins inquiétant : Qui ravage les alentours d'Orléans, ne fut seulement compris que, vers sa septième année, après plus d'un an de cours préparatoire à l'Ecole de la Pomme de Pin, dans la classe de Monsieur Paillard.
IL s'endormait à Saint-Marc, dans le lit de son arrière-grand-mère, lorsque sa grand-mère, à qui ses parents l'avaient confié, partait à Jargeau, soigner ses névralgies faciales, auprès du fameux guérisseur Hareng. Que la pièce soit petite, et, surtout, le lit entouré de tentures en toile de Jouy, procurait à l'enfant, le sentiment d'être protégé des loups redoutés. Sur le buffet, la couronne de mariée de la vieille dame, immuablement disposée dans un globe de verre, constituait un élément certain de réassurance, tout comme l'odeur familière, déferlante, âcre et sucrée des pommes s'échappant du cellier entrouvert.
IL se souvenait, en s'endormant, des promenades avec ses grands-mères, dans cette forêt d'Orléans, pour lui, impénétrable, dès lors que,s'écartant du chemin, du côté de Semoy, on risquait de troubler le refuge des loups. A la lisière de la forêt, les pensionnaires de l'hospice, habillés de blouses grises, ne prévenaient-ils pas l'enfant des dangers qu'il y avait de trop s'aventurer au-delà des frondaisons où leurs gardiens les limitaient ? La grand-mère de son arrière-grand-mère avait transmis le souvenir d'attaques d'enfants et d'adolescents, si bien que l'enfant hérita d'une peur ancestrale où se mêlaient fiction et réalité. Lorsqu'il sut lire, il découvrit le texte entourant l'image, se rendant compte que la scène ne se passait pas à Semoy, mais à Beaugency où une femme fut dévorée par les loups un 25 décembre. Devenu enseignant-chercheur en psychologie de l'enfant, il reconstitua, à partir d'archives, la vérité de cette histoire de loups, encore plus terrible que ne la racontait les anciens. La véritable histoire, datée du 6 décembre 1814, est celle de femmes et d'enfants, ramassant du bois, dans la forêt de Chaingy (à quelques kilomètres à l'ouest d'Orléans). Une louve les attaqua, tuant deux femmes. La bête féroce fut tuée du côté de Cercottes, après une battue conduite par le Préfet, en personne !
ILse souvint longtemps, au moment de ses endormissements, des chuchotements imagés et nimbés de tendresse de la Grand- Mère : « Le loup était recouvert d'écailles et aucune arme ne pouvait l'atteindre. » La main de l'enfant tremblait dans celle de Lucile son arrière-grand-mère. Alors, L'aïeule retirait sa main et lui caressait doucement le front. Il s'endormait et plongeait dans des rêves où les loups avaient des écailles de canard.
Il fut, depuis lors, fasciné par l'horrible, mêlé au fantastique et à l'exagération, comme l'imprimerie y incita, dès ses débuts, ici, en parant le loup des attributs du canard, surtout dans l'imagerie populaire d'Orléans, dont on ne sait pas assez, qu'elle précéda celle d'Epinal, fournissant aux familles, des le début du XVIIIème siècle, des images d'actualité sur lesquelles bien des fantasmes se développèrent à Saint-Marc, chez les ancêtres de l'enfant dont on raconte l'histoire.
Colette après la mort de Claude Chauvière a écrit (1) :
« On me dit : double congestion pulmonaire - on me dit : angine de poitrine – Saviez-vous qu'elle était mariée et comtesse de Récusson et que son mari habitait très près d'elle, sinon avec elle ? Elle ne m'en a jamais dit un mot, cher ami, ni à vous non plus probablement ?… »
Colette découvre donc un mystère de Claude.
Secrète, ma cousine.
Colette ignorait-elle que Récusson était son premier mari ?
Manifestement oui !
Ignorait-elle qu'elle revint vers Récusson avant de mourir ?
Oui.
Elle s'inquiéta surtout du devenir des lettres échangées avec Claude.
Eut-elle des remords d'avoir précipité le divorce de Claude d'avec le journaliste Georges Le Fèvre dans les années 30 ?
On le saura, en lisant ces lettres égarées.
(1) Lettre de J. Canqueteau ( 23/7/1939) à André Lebey, reproduisant partiellement la lettre que Colette lui envoie.
Devant la tombe les amis du souvenir. Petit groupe de l'A.S.C.C.
De chaque côté , sur le sable mou, deux cyprès géants.
Des sépultures « relévées » entourent la tombe de Claude Chauvière.
Morts oubliés. Emplacements vides de tombes expulsées.
Haut de tombe avec stelle ; on y lit deux dates : janvier 1825, juin 1937.
Pourquoi ces deux dates ?
La croix de haut de tombe est cassée , rouillée, décapitée, sans Christ, donc sans souffrance. Croix simplement déposée sur le devant de tombe.
Sur la croix en deux morceaux, une couronne de fleurs, de liserons et de raisins. Pas de Christ sur la Croix.
La croix cache le nom de Claude Chauvière. Mon petit collier de coquillages y est encore accroché.
Nom écrit en lettres énormes avec d'élégants caractères. Pas de dates, aucune mention.
Sobriété.
Juste une plaque de pierre noire (à moins que ce ne soit de l'ardoise.)
Je suis adossée sur le muret de pierre du cimetière.
Devant moi, la tombe de Claude Chauvière et de ses amis du souvenir.
Derrière moi, c'est-à-dire devant Claude, un potager printanier et un verger d'abricotiers et de cerisiers.
Claude a choisi ce cimetière. S'est elle accoudée sur ce muret en regardant l'Eglise Notre-Dame ? Y-a-t-elle prié ? Elle faisait ses économies pour acheter la concession. Ses amis l'ont installée ici, tombe 372, la mort venue. Ces amis là étant maintenant morts, nous sommes ici pour enrichir Claude de nos rêveries.
Devant moi, c'est-à-dire à la gauche de Claude, la tombe très bien entretenue de la famille Vincelot-Lemester.
Je n'ai jamais vu de cyprès aussi grands qu'ici. Ils veillent sur Claude Chauvière, en attendant la Résurrection des Morts et, plus spécialement, la résurrectionde la résidente de la tombe 372.
Claude Chauvière, beaux sentiments, force de conviction, belle écriture, beaux livres.
L'A.S.C.C.( Amis du Souvenir de Claude Chauvière) entretient la flamme .
Fulgence Chauvière
Devant la tombe les amis du souvenir. Petit groupe de l'A.S.C.C.
De chaque côté , sur le sable mou, deux cyprès géants.
Des sépultures « relévées » entourent la tombe de Claude Chauvière.
Morts oubliés. Emplacements vides de tombes expulsées.
Haut de tombe avec stelle ; on y lit deux dates : janvier 1825, juin 1937.
Pourquoi ces deux dates ?
La croix de haut de tombe est cassée , rouillée, décapitée, sans Christ, donc sans souffrance. Croix simplement déposée sur le devant de tombe.
Sur la croix en deux morceaux, une couronne de fleurs, de liserons et de raisins. Pas de Christ sur la Croix.
La croix cache le nom de Claude Chauvière. Mon petit collier de coquillages y est encore accroché.
Nom écrit en lettres énormes avec d'élégants caractères.
Sobriété.
Juste une plaque de pierre noire (à moins que ce ne soit de l'ardoise.)
Je suis adossée sur le muret de pierre du cimetière.
Devant moi, la tombe de Claude Chauvière et de ses amis du souvenir.
Derrière moi, c'est-à-dire devant Claude, un potager printanier et un verger d'abricotiers et de cerisiers.
Claude a choisi ce cimetière. S'est elle accoudée sur ce muret en regardant l'Eglise Notre-Dame ? Y-a-t-elle prié ? Elle faisait ses économies pour acheter la concession. Ses amis l'ont installée ici, tombe 372, la mort venue. Ces amis là étant maintenant morts, nous sommes ici pour enrichir Claude de nos rêveries.
Devant moi, c'est-à-dire à la gauche de Claude, la tombe très bien entretenue de la famille Vincelot-Lemester.
Je n'ai jamais vu de cyprès aussi grands qu'ici. Ils veillent sur Claude Chauvière, en attendant la Résurrection des Morts et, plus spécialement, la résurrectionde la résidente de la tombe 372.
Claude Chauvière, beaux sentiments, force de conviction, belle écriture, beaux livres.
L'A.S.C.C.( Amis du Souvenir de Claude Chauvière) entretient la flamme .
Colette fut intéressée par mon propos sur les grues et l'intelligence (mon dernier post)
Lecture des aphorismes de Rémy Gourmont, du 29 mai 1915, « Effets », tristes effets :
La guerre a augmenté la sensibilité aux dépens de l'intelligence.
L'ironie a disparu de la littérature écrite et l'ironie est le signe de la sécurité intellectuelle.
L'inquiétude, le chagrin, la misère sont tombés à dose inégale sur tous les hommes : ce sont les hommes d'esprit qui ont le plus mal résisté.
Cela me fait rire, le malade en marche vers la soixantaine, qui espère guérir, retrouver ses forcesl'an prochain. Cela me fait rire quand cela n'est pas moi-même.
Rémy de Gourmont mourut peu après à l'hôpital Boucicaut ( dans mon quartier.)
Il conserva son ironie, jusqu'au terme de sa vie, surtout à l'égard de lui-même.
Madame Colette me demanda de retrouver ce qu'il écrivit sur l'intelligence.
Elle souhaita m'occuper, délaissée que je fus, par Hermant et Monzie, trop occupés de Politique.
Colette ironisa sur l'absence de Georges Le Fèvre mon journaliste de mari, toujours en reportage.
Colette déclara sans solennité : " ya du gaz dans l'conjuguo "
Bruno Chauvierre, fin connaisseur de l'oeuvre de Rémy de Gourmont, m'a beaucoup aidée dans cette partie de ma fiction. Avec Renaud Rosset, dès les années 1962, il composait de façon artisanale une petite série, vaniteusement intitulée" Les Cahiers de Rémy de Gourmont", dans laquelle il se targuait d'avoir décelé la forme d'intelligence la plus subtile de la littérature française. Ces cahiers ont disparu dans l'un des incendies qui émaillèrent sa vie agitée. Il lui reste, et il me les a montrés, ses petits carnets, du moins ceux qu'il a sauvés des trente deux domiciles successifs que je lui ai connus. Ces carnets qui amusaient Renaud Rosset, calligraphiés à la plume sergent-major, un peu délavés par l'eau de divers sinistres, m'ont plongé dans un univers étrangement anti-militariste et anti-syndical. Ce que Bruno Chauvierre écrit sur le joujou patriotique et sur les grévistes ripolineurs, fut l'occasion de belles rigolades avec Renaud Rosset, rencontré au mariage de Bruno dont il était le témoin. Renaud Rosset considérait Chauvierre comme intellectuellement anarchiste.
Emmanuel Chauvière, mon père, pionnier de la psychologie de l'enfant . La preuve: le lien sur mon post précédent.
Avant Jean Piaget, avant Henri Wallon, il insiste : L'ENFANT N'EST PAS UN ADULTE EN REDUCTION .
Avant Freinet il dénonce les méthodes pédagogiques non fondées sur la vie et les valeurs universelles.
L'enfant n'étant pas un adulte en réduction, " son cerveau est plastique" dit mon père. Il est très en avance. Il faudra cent ans pour que cette notion de plasticité du cortex s'impose. Papa la développait déjà fin du 19ème ! Il était l'ami de CHARCOT
N'a-t-il pas raison de dénoncer le non-mariage des prêtres qui les voue à une" existence anormale". Prêtres et Pape, ignorants de la vie sexuelle, menteurs imposant des dogmes à l'Humanité.
Bruno Chauvierre m'a aidé dans cette partie de ma fiction dédiée à la psychologie de l'enfant. Il m'a guidé à travers les écrits d'Emmanuel Chauvière conservés à la Bibliothèque Nationale et qui manifestement sont d'avant-garde.
Spécialiste reconnu en Psychologie de l'Enfant et fondateur de la célèbre Unité d'Enseignement et de Recherche des Techniques de Réadaptation, il m'impressionne par sa dimension scientifique alors que sa pensée politique si proche de celle de Paulin Gagne me fait doucement rigoler.
Je ne sais plus qui lit cet article dans L'Humanité. Est-ce moi Fulgence Chauvière, née dans les années 1980, ou moi, Claude Chauvière, née avant 1900 ?
C'est un article sur le sinistre cureton d'Aramon. Sacrilège de le retrouver à l'Assemblée.
Les chiffonniers de l'île des cygnes, surnommée l'île des singes, ont déposé des chiffons imbibés de fiente sur son palier. A moins que ce soit simplement dans son escalier.
Moi, Fulgence Chauvière, quand je vais dans cette île, elle s'appelle l'île de cygnes.
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Il est vrai que mon cousin Bruno Chauvierre, au r surnuméraire, depuis que le grand-père de son grand-père, ajouta un R au patronyme en 1857 pour se démarquer des Chauvière de Chartres, trop réactionnaires pour ce blanquiste invétéré, il est vrai que ce cousin a écrit un archidrame en Cinq éclats sur l'île des singes, passionné par les chiffonniers du Paris des années 1850.
Bruno Chauvierre aime ces chiffonniers là, parcequ'ils sont querelleurs par goût, noceurs par tempérament et, plus honnêtes que moraux. Bruno Chauvierre a longuement analysé les archives de la Préfecture de Police, pour en conclure que leurs salaires ne s'élèvent guère au-dessus de quatre francs. Bruno Chauvierre se plait à dire qu'il est comme eux, fier, vantard, indépendant et batailleur. avec de telles réflexions son image ne s'arrange pas.
Dans la chambre mortuaire de papa, une armoire à glace.
Je ne me reconnais plus dans aucune glace.
L'image du miroir, pour les gens, c'est comme un autre soi-même.
Un double de soi.
Une image de soi.
Même que les petits cherchent qui se cache derrière la glace. Je n'ai plus de double. Plus d'image de moi, depuis que mon jumeau est mort. Je ne me reconnais plus.
Je ne reconnais plus mon père. Cheveux, barbe et moustache sont secs comme des postiches.
Pas du vrai papa.
Paupières bleuies, bras raides et tendus, poings serrés. Papa devenu marionnette d'un jeu de massacre.
A la place de ses chaussures, deux petits sacs de toile blanche. Ses pieds d'hommes libres enfermés par une infirmière.
Bruno Chauvierre m'a dans ma recherche sur les jumeaux. Son patron de recherches, René Zazzo, se rendit célèbre par un ouvrage intitulé " Les jumeaux, le couple et la personne"
Le cousin Chauvierre m'a appris qu'au delà de la question gémellaire, c'est de l'identité de la personne dont il s'agit. Vivre en couple, cette quête si difficile de toute une vie est donnée d'emblée aux jumeaux. Alors, quand Claude Chauvière perd son jumeau, elle perd aussi une capacité de vivre en couple qu'elle ne retrouvera plus jamais, sauf peut-être avec Colette, du moins l'a-t-elle cru.
Anatole aime les pipes. Toujours de belle qualité. Il les achète Boulevard Saint Michel, en face de Cluny. Dans le taxi il sort son dernier fétiche, une sorte de calumet d'indien. L'
L'odeur du tabac hollandais m'envoûte. Des conseils entre deux bouffées : « Méfie toi de Colette, ses ennuis la rendent méchante». Silence. Débourrage de la pipe. Quelle crasse Colette peut-elle faire à un homme aussi important ? « Elle t'a fait du tort ? » Anatole dodeline de la tête. Façon de nuancer.
Dire oui et non en même temps. Discrétion d'Anatole. Hésitation avant une révélation. Confidence : « Elle a saboté la nomination d'André Salmon à la Conservation du Musée du Luxembourg ; Colette par tous les moyens accapare mon influence au profit de sa coterie d'amis »
Modigliani, Picasso et André salmon pris par Jean Cocteau en août 1916 au carrefour Vavin.
Bruno Chauvierre m'a aidé dans cette partie de fiction dévolue à André Salmon. sa proximité avec le peintre Roger Toulouse l'initia aux subtiles nuances d'une forte amitié entre Max Jacob et Salmon. Chauvierre insiste beaucoup pour dire combien André Salmon, tout en admirant Max Jacob, savait prendre ses distances avec les foucades du génial vibrion de l'époque du Bateau-Lavoir.
Dans cette atmosphère enfumée, au pied du tableau de kiki de Montmartre qui sépare la table du Jockey de l'orchestre, un homme magnifique tangue d'ivresse sur sa chaise. Dans la pénombre, on ne distingue pas ses traits. Des chaises sont libres à côté de lui. Anatole lui demande la permission de s'installer. On se retrouve assis près de Scott Fitzgerald. Il engage la conversation. Le sourire me plait. Des yeux expressifs. Il aime les autres. Il y a du bon chez cet homme. On a envie de l'aimer. Il nous offre un verre. Anatole lui en offre un autre. Ses yeux s'emplissent de larmes puis se creusent, se voilent et enfin s'éteignent en restant ouverts ! Scott ingurgite encore plusieurs verres. Quand il demande la bouteille, le serveur refuse. Alors Scott jette son verre qui se brise sur le tableau de Kiki de Montmartre. Le serveur s'approche et prend un autre verre en pleine figure. Coups de poings entre Scott et les serveurs. Il a le visage en sang. La police arrive et l'embarque. Il se débat de plus belle ! Anatole n'est pas intervenu. Peur du scandale.
merveilleuse ivresse
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Bruno Chauvierre m'a fait connaître l'oeuvre de Francis Scott Fitzgerald, dès les années 1963, fasciné par son amour pour Zelda et les brisures de la vie, les fêlures qu'il décrit pour lui-même dans l'un des beaux textes de ses petits carnets soigneusement calligraphiés à la plume sergent-major et ,dans lequel il compare déjà les échecs de ses vingt ans aux assiettes ébréchées du buffet de son arrière-grand-mère. Bruno Chauvierre, un tantinet pessimiste malgré son apparente audace me répétait :" Les félures, ça se fait progressivement quand on ne prend pas soin de sa vie et que l'on se laisse ébrécher par plaisir" Pourquoi diable se laissait-il déjà ébrécher ? Y éprouvait-il vraiment du plaisir?
Avant que ne surgisse le livre de Charles Dantzig, les petites listes de Claude Chauvière, souvent suggérées par mon cousin Bruno Chauvierre, furent publiées sur ce blog. L'idée était dans l'air, sans commentaire. Vous pouvez retrouver les listes de Claude Chauvière. Sans commentaire(0cmt(s) note le blog.
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Dantzig est un régal. Qualité des commentaires de son Dictionnaire égoïste de la littérature française.
Retrouve avec plaisir analyses voisines des miennes, de Renaud Rosset et de Bruno Chauvierre sur Max Jacob, Rémy de Gourmont et Colette .
Gide ramené à lui-même. Sachs pas oublié, mais rien sur Julien Gracq.
Moi : Mais Madame Colette, Cocteau est un type épatant. Huit jours pour écrire les enfants terribles ; Fabuleux !
Elle : Mon petit Claude, moi, j'ai l'honneur de mon métier. Je travaille honnêtement, aussi bien que je le peux, avec sévérité.
Elle trouve l'inspiration. S'arrête. Long silence. La pièce entière s'accorde au seul rythme de la respiration de Colette. Difficile et saccadé. Rythme pénible. Elle lève les yeux vers moi ; J'entends à peine son murmure : Tu veux rester, mon petit Claude, reste. Mais je te défends de respirer. Etends-toi, tu me reposeras. Tu parles trop. Si tu as soif, demande à Pauline.
Dans un coin du bar, Scott Fitzgerald et sa femme. Ils sont un peu timbrés et en tout cas bien éméchés.
Deux hommes très élégants avec eux. Ils tournent le dos en discutant avec le peintre-batteur, Jules Pascin et le peintre-patron du bar Hilaire Hiler . Le Jockey . Rendez- vous de la génération perdue. Expression de Gertrude Stein.Parfum de tragédie. Ces jeunes écrivains américains errent de continent en continent. Quête d'un introuvable ailleurs. Vision romantique. Ils se saoulent. Ils se baignent sur la Côte d'Azur. Ils prouvent que l'Amérique existe. Ils ont des lecteurs et des dollars pleins les poches. Les deux hommes élégants au dos tourné montrent enfin leur binette :
Ramon Fernandez et Drieu la Rochelle.
Moi, Fulgence Chauvière, née dans les années 1980, je n'aime pas ces hommes là.
Moi, Claude Chauvière, née avant 1900, je ne sais pas encore qu'ils vont mal se conduire. je ne peux m'empêcher de les trouver beaux!
Anatole est charmant , les femmes Chauvière, Claude et Fulgence vous le disent !
Pardi ! il s'ennuie un peu depuis qu'il n'est plus Ministre . Bah ! Moi, Claude Chauvière, née juste avant 1900, je suis convaincue qu'il retrouvera bientôt un maroquin.
Anatole me sort de ma tristesse.
Il me plonge dans le Paris des années folles. Garçonnes au cheveux courts. Vitesse grisante des automobiles. Soirées à la Coupole et à la Revue Nègre où le tango précède toujours le Jazz. Les jeux de lumière avec leurs lanternes oranges ou bleues éclairent les lamés, dentellesmétalliques et franges, satins et mousselines brodés de perles, pierreries, plumes et stass. Ma jupe est au dessus du genoux.
Anatole me dit que je ressemble à Clara Bow.
Papa lui a dit de veiller sur moi.Je suis souvent si triste.
Moi la Femme de Personne. Même mon mari ne m'aime pas. Il préfère courir le Monde comme reporter. Georges Le Fèvre est un courant d'air; Il est dans le vent . Le vent de Georges. Il connait André Citroën et Colette. Il passe à toute vitesse dans notre appartement de la rue Rosa Bonheur.
Anatole voue une sincère reconnaissance à papa.
Collaborateur du petit père Combes.
Collaborateur et encore collaborateur
il recueillait auprès de papa des conseils pour spolier le clergé.
Faire la peau aux curés était pour mon père une obsession et un thème de chaquecampagne électorale.
Ancien communard .
Arrêté les armes à la main.
Mon père , héros blanquiste,. Il me délaissa.
Député de Javel de 1893 à 1910
Chantre de l'unité socialiste. Estimé par les modéréscomme Jaurès. Plus encore par les guesdistes .Efforts pour réunir une famille déchirée. Réseau révolutionnaire. Anatole y bouffe du curé; Plus tard il changera.
Pas de soirée sans parler de papa.
On est bien ensemble .
Précieux conseils littéraires. Mon livre s'appellera la femme depersonne.
Il m'aime .
C'est un ami de Willy, Jouvenel et Colette.
Je l'accompagne rarement dans ses transgressions. Je suis trop malheureuse. Propositions souvent glauques.Politiciens frelatés pas loin de lui. Ainsi Darquier ( qui se dit de Pellepoix ).
Il partage avec ce mythomane, une garçonnière. Je n'y vais pas. Moi je ne partage pas; Même si depuis Natali Barney je suis plutôt une amphibie.
Moi, Fulgence Chauvière, née juste avant 1900, je rêve de Nathali Barney. Jean Chalon prépare aussi un livre sur les rêves qu'il fait avec Nathali, comme partenaire. Ce n'est pas aussi beau qu'un rêve de femme.
Je ne sais plus très bien si je suis Claude ou Fulgence. Ce que je sais, c'est que je ne transgresse pas comme mon cousin Bruno Chauvierrequi, en mai 1968, faisait le coup de main avec les maoïstes, justifiant sa conduite en la comparant à l'attaque d'Emmanuel Chauvière, en 1870, contre la caserne des pompiers du XVIIème arrondissement. Il y eut un mort dans ce coup de main blanquiste où Chauvière fut sévèrement dénoncé par Rochefort. La bavure dans l'action. tradition de famille ?