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Mon Petit Claude
dimanche 12 juillet 2009, a 17:51
1869-2009 : Les Chauvière ( Emmanuel et Fulgence) font la Révolution !

 

 

Fichier:François-Noël Babeuf.jpg

 

 

 

PHOTO WIKIPEDIA

 

 

 

 

 

 

 

 Moi, Fulgence Chauvière,je n'ai pas l'instinct de propriété,et, je sens revivre Emmanuel Chauvière en moi!

 

Pourquoi ?

 

 Parceque, j'ai retrouvé, une note de Claude Chauvière, sur les exploits révolutionnaires de son papa alors âgé de moins de 18 ans !.

 

 

Emmanuel Chauvière, par la suite, député blanquiste de Paris, déclara les 24 et 30 janvier 1869 à la Rotonde et à Belleville:


      "Dans l'organisation actuelle du travail, il y a deux sortes d'individus: les uns qui prélèvent les neuf-dixièmes sur le travail, les autres qui prélèvent un dixième, les uns qui consomment sans travailler, les autres qui travaillent sans consommer. Ceux-ci ne possèdent rien, ceux-là possèdent la source de toutes les productions... la terre ! Nous naissons et déjà nous pouvons nous demander si la terre est faite pour tous ou pour quelques-uns. Nous posons le pied quelque part. À qui appartient ceci ? À un propriétaire. Nous grandissons. Et parce que nous n'avons pas de propriété, il nous faut travailler pour le propriétaire. Nous grandissons encore et nous prenons un fusil. Et il faut aller nous faire tuer pour défendre la propriété d'un propriétaire.
Pour ces propos, et l'appel au drapeau rouge, il écopera de six mois de prison pour "excitation à la haine des citoyens les uns contre les autres".

 

 Allons, Babeuf n'était pas encore vraiment mort !

 

Allons, moi, Fulgence Chauvière,née dans les années 1980, je fais la révolution avec Emmanuel, pendant que Claude Chauvière,née avant 1900, devenue Comtesse de Récusson, compose avec son réactionnaire de mari.

 

UNE SEULE SOLUTION:LA REVOLUTION !  


       

 

 

 

dimanche 05 juillet 2009, a 20:40
Lettre de Colette après la mort de Claude Chauvière ( Collection Fulgence Chauvière )

 

Pauvre tombe bientôt relevée.

 

 

 

 

Colette après la mort de Claude Chauvière a écrit (1) :

 

« On me dit : double congestion pulmonaire - on me dit : angine de poitrine – Saviez-vous qu'elle était mariée et comtesse de Récusson et que son mari habitait très près d'elle, sinon avec elle ? Elle ne m'en a jamais dit un mot, cher ami, ni à vous non plus probablement ?… »

 

Colette découvre donc un mystère de Claude.

 

Secrète, ma cousine.

 

Colette ignorait-elle que Récusson était son premier mari ?

 

Manifestement oui !

 

Ignorait-elle qu'elle revint vers Récusson avant de mourir ?

 

Oui.

 

Elle s'inquiéta surtout du devenir des lettres échangées avec Claude.

 

Eut-elle des remords d'avoir précipité le divorce de Claude d'avec le journaliste  Georges Le Fèvre dans les années 30 ?

 

On le saura, en lisant ces lettres égarées.

 

 

 

(1) Lettre de J. Canqueteau ( 23/7/1939) à André Lebey, reproduisant partiellement la lettre que Colette lui envoie.

dimanche 26 avril 2009, a 21:50
Les Amis du Souvenir de Claude Chauvière ( A.S.C.C.)

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Devant la tombe les amis  du souvenir. Petit groupe de l'A.S.C.C.

 

 De chaque côté , sur le sable mou, deux cyprès géants.

 

Des sépultures « relévées » entourent la tombe de Claude Chauvière.

 

 Morts oubliés. Emplacements vides de tombes expulsées.

 

Haut de tombe avec stelle ; on y lit deux dates : janvier 1825, juin 1937.

 

Pourquoi ces deux dates ?

 

La croix de haut de tombe est cassée , rouillée, décapitée, sans Christ, donc sans souffrance. Croix simplement déposée sur le devant de tombe.

 

Sur la croix en deux morceaux, une couronne de fleurs, de liserons et de raisins. Pas de Christ sur la Croix.

 

La croix cache le nom de Claude Chauvière. Mon petit collier de coquillages y est encore accroché.

 

Nom écrit en lettres énormes avec d'élégants caractères. Pas de dates, aucune mention.

 

Sobriété.

 

 Juste une plaque de pierre noire (à moins que ce ne soit de l'ardoise.)

 

Je suis adossée sur le muret de pierre du cimetière.

 

Devant moi, la tombe de Claude Chauvière et de ses amis du souvenir.

 

Derrière moi, c'est-à-dire devant Claude, un potager printanier et un verger d'abricotiers et de cerisiers.

 

Claude a choisi ce cimetière. S'est elle accoudée sur ce muret en regardant l'Eglise Notre-Dame ? Y-a-t-elle prié ? Elle faisait ses économies pour acheter la concession. Ses amis l'ont installée ici, tombe 372, la mort venue. Ces amis là étant maintenant morts, nous sommes ici pour enrichir Claude de nos rêveries.

 

Devant moi, c'est-à-dire à la gauche de Claude, la tombe très bien entretenue de la famille Vincelot-Lemester.

 

Je n'ai jamais vu de cyprès aussi grands qu'ici. Ils veillent sur Claude Chauvière, en attendant la Résurrection des Morts et, plus spécialement, la résurrection  de la résidente de la tombe 372.

 

 Claude Chauvière, beaux sentiments, force de conviction, belle écriture, beaux livres.

 

L'A.S.C.C.( Amis du Souvenir de Claude Chauvière) entretient la flamme .

 

Fulgence Chauvière 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Devant la tombe les amis  du souvenir. Petit groupe de l'A.S.C.C.

 

 De chaque côté , sur le sable mou, deux cyprès géants.

 

Des sépultures « relévées » entourent la tombe de Claude Chauvière.

 

 Morts oubliés. Emplacements vides de tombes expulsées.

 

Haut de tombe avec stelle ; on y lit deux dates : janvier 1825, juin 1937.

 

Pourquoi ces deux dates ?

 

La croix de haut de tombe est cassée , rouillée, décapitée, sans Christ, donc sans souffrance. Croix simplement déposée sur le devant de tombe.

 

Sur la croix en deux morceaux, une couronne de fleurs, de liserons et de raisins. Pas de Christ sur la Croix.

 

La croix cache le nom de Claude Chauvière. Mon petit collier de coquillages y est encore accroché.

 

Nom écrit en lettres énormes avec d'élégants caractères.

 

Sobriété.

 

 Juste une plaque de pierre noire (à moins que ce ne soit de l'ardoise.)

 

Je suis adossée sur le muret de pierre du cimetière.

 

Devant moi, la tombe de Claude Chauvière et de ses amis du souvenir.

 

Derrière moi, c'est-à-dire devant Claude, un potager printanier et un verger d'abricotiers et de cerisiers.

 

Claude a choisi ce cimetière. S'est elle accoudée sur ce muret en regardant l'Eglise Notre-Dame ? Y-a-t-elle prié ? Elle faisait ses économies pour acheter la concession. Ses amis l'ont installée ici, tombe 372, la mort venue. Ces amis là étant maintenant morts, nous sommes ici pour enrichir Claude de nos rêveries.

 

Devant moi, c'est-à-dire à la gauche de Claude, la tombe très bien entretenue de la famille Vincelot-Lemester.

 

Je n'ai jamais vu de cyprès aussi grands qu'ici. Ils veillent sur Claude Chauvière, en attendant la Résurrection des Morts et, plus spécialement, la résurrection  de la résidente de la tombe 372.

 

 Claude Chauvière, beaux sentiments, force de conviction, belle écriture, beaux livres.

L'A.S.C.C.( Amis du Souvenir de Claude Chauvière) entretient la flamme .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mardi 07 avril 2009, a 18:24
Claude Chauvière nous a quittés

 

 

 

Claude Chauvière nous a quittés il y a 70 ans, un jour de Vendredi Saint.

 

Interruption de la fiction biographique dédiée à Claude Chauvière. Comme chaque année, je décore sa tombe avec des colliers de coquillages.

 

Lecture de L'Etoile Vesper.

Petit musée d'images du classeur de Colette.

 

 Meuble à deux portes et tablier, offert par Edouard de La Gandara, l'antiquaire.

 

 Colette y range ses souvenirs.

 

 Elle y expose ses souvenirs les plus chers.

 

Mélancolie de fin de vie.

 

 Epinglée sur la photo de Claude Chauvière une liste des offices du vendredi-saint. A côté, une autre photo, celle de Renée Hamon, en gros pantalon de laine, devant une maison bretonne.

 

Colette se parle à elle-même :

 

« Rien ne justifie qu'une liste des offices du vendredi-saint soit épinglée à la photographie d'une autre jeune femme : celle-ci eut dans les lettres un renom trop court : Claude Chauvière. L'une casanière et faible, l'autre coureuse des mers, elles sont tombées, à peu d'années d'intervalle, au même âge, Chauvière laissant quelques romans, et Renée Hamon deux relations de voyages aux antipodes. »

 

Peut-etre une larme sur les joues de Colette.

 

 Ses amies sont parties. Polaire la même année que Chauvière.

 

Polaire dont Colette garde le portrait en petite fille modèle. Volonté d'innocence de l'austère peintre Antonio de la Gandara , frère d'Edouard.

 

Forte relation entre Colette et les deux jeunes femmes. Longtemps après, Colette le reconnaît :

 

« Elles valaient la peine d'être aidées ; elles avaient coutume de dire que je les aidais, mais je crois que c'est elles qui m'ont porté secours. »

 

Colette dans sa complexité avouée. Reconnaissance de l'amour qui lui fut porté.

 

Colette, comme Barrès : « Je n'ai rien près de moi que mes morts, des êtres enrichis par mes songeries. » (Mes mémoires)

 

 

 

 

 

jeudi 29 janvier 2009, a 19:08
Les enfants terribles, livre écrit en huit jours

 

 

 

 

Moi : Mais Madame Colette, Cocteau est un type épatant. Huit jours pour écrire les enfants terribles ; Fabuleux !

Elle : Mon petit Claude, moi, j'ai l'honneur de mon métier. Je travaille honnêtement, aussi bien que je le peux, avec sévérité.

 

Elle trouve l'inspiration. S'arrête. Long silence. La pièce entière s'accorde au seul rythme de la respiration de Colette. Difficile et saccadé. Rythme pénible. Elle lève les yeux vers moi ; J'entends à peine son murmure : Tu veux rester, mon petit Claude, reste. Mais je te défends de respirer. Etends-toi, tu me reposeras. Tu parles trop. Si tu as soif, demande à Pauline.

 

 

dimanche 23 novembre 2008, a 13:38
Claude Chauvière : mes parents

 

Chère Madame,

 

Vous ne deviez pas perdre de temps à vous occuper de moi. Vous dîtes

Que je dois « réinventer le passé  » . Je n'y peux rien. Je m'embourbe dans les marécages de mon enfance.

 

 Vous, Madame, vous êtes comme un lierre qui résiste à tout sur un muret de Bretagne. La mort, chère Madame Colette, ne vous intéresse pas.

 

Moi, je viens d'un pays où l'on a le culte de la mort. Je suis du pays d'Anatole Le Braz.

 

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 En ce moment, je vis dans la maison de mes grand parents et je pense aussi beaucoup à mes parents, trop tôt disparus. Ils n'étaient pas prêts de moi, sauf à leur fin quand je les ai soignés.

 

 

 

 Je pense beaucoup à la façon dont-ils m'ont casée en pension. Au fait, c'est moi qui l'ai demandé.

Un jour j'ai dit papa je voudrais bien m'instruire.

 

- Elle a raison cette petite , nous l'oublions complètement

- Mettons là en pension dit maman

 

Je fus vite placée à bon compte, dans un pensionnat où on prenait aussi les enfants de l'Assistance Publique.

Je sais que vous me croirez difficilement. C'est normal, vous ne pouvez imaginer pareil placement pour la fille d'un député.

Mes parents reçus dans l'aile réservée aux visiteurs de marque furent enchantés.

 

- Qu'il fait bon de vivre ici dirent ils.

 

La Directrice, Madame Duveau, acquiesce, me conduit au réfectoire des grandes. Il émane de sa personne une odeur fétide. Les vêtements de cette énorme femme sont imprégnés des reliefs oubliés sous les bancs du réfectoire. Le monstre aime cet espace où il commente les notes obtenues et humilie les pensionnaires mal notées ou indisciplinées.

 

Vous n'avez pas idée des vexations que j'ai pu endurer dans ce réfectoire pendant trois ans. Le gros hic, c'était le règlement de ma pension Constamment endettés, mes parents - Poulaille en parle même dans son livre !- ne la payaient pas régulièrement. Je suppose que vous avez connu des gens prodigues comme eux. Ah ça… eux qui se disputaient tout le temps, savaient se mettre d'accord pour dépenser des sommes folles pour leurs bonnes oeuvres et ne pas payer leurs dettes. Ils se frottaient même les mains à la seule idée du profit, même le plus dérisoire qu‘ils pourraient faire sur le dos de leurs créanciers.

 

- Vous, 47, disait la vieille chouette, vous, dont je supporte la présence dans mon établissement, car vous n'ignorez pas que vos parents me doivent 732 fr.75, vous, expliquez moi la preuve par 9.

 

Pendant trois ans mon seul réconfort fut la messe. Et là je désobéissais sans remords à des parents, libres penseurs, militants pour la confiscation des biens du clergé.

 

Evidemment,  je ne suis pas baptisée. Personne ne le sait. Alors je vais à confesse avec l'abbé Parisse. Depuis que je l'ai croisé dans le couloir du réfectoire, je ne manque pas une occasion de le rencontrer.La première fois, je l'ai vu arriver de loin. Je ne sais pas, sa démarche sans doute, majestueuse, un visage aux traits nobles et fins. Et puis cette voix entendue du bout du couloir. Une voix chaude. Plus près de moi je lui trouve un front bien pâle, en contraste avec des yeux ardents. Je le trouve romantique. Dans mes souvenirs, il ressemble à Anatole Le Braz.

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Précision : à l'époque je ne sens pas le parfum d'amour profane, émanant de cette admiration.

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 Seule compte la recommandation de prier avant de m'endormir . L'Ave et le Pater deviennent alors le prélude de chaque endormissement, sans que mes parents n'en sachent jamais rien.

 

Même que je récite mes prières quand, papa me sort de « boîte » pour collationner des documents sur « la vérité et la raison », un livre où, à chaque page, les prêtres sont attaqués. Je profite des absences de papa pour écrire un autre livre dont je lui attribue la paternité et que j'intitule « Notre âme » .

 

 Vous voyez le travail ! Sachez quand même que je lui ai révélé ce secret au soir de ses derniers jours.

samedi 22 novembre 2008, a 21:39
Liste savoureuse des mots de Colette

 

QUELQUES MOTS DE COLETTE QUE J'AIME :

 

.MOT BOURGUIGNON : DODINE... DODINE...DODINE

 

MOT A BOIRE

 

MOTS INTIMES

 

COLETTE INTIME

 

DODINE  DODINE  DODINE  DODINE  DODINE  DODINE
 

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batonnage.

DODINE   DODINE  DODINE   DODINE

 

D'abord, le mot préféré : « dodine », nom donné en Bourgogne à un outil

destiné au brassage du vin. Mot à la fois image, son, mouvement. Dodine, ça sent sa Bourgogne gourmande.

 

Bercement.

Dodine.

Colette travaille ses mots en artisan avec une recherche de tonalité.

 

Bruissement.

 

Mots prolétariens de  L'Envers du Music-Hall :

 

 

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Les filles y sont « crevantes »

Parfois « maigriottes »

« Elles turbinent souvent à l'oeil »

Prises de « rouspétance » ( habitude de la grève )

«  Une bonne tripotée, ça les calmerait pas ? »

Elles ont parfois, en guise de chapeau  « un torchon sur la cafetière »

Elles ne veulent pas avoir l'air de clamecer comme les autres.

 

Quand elles sont dehors « l'air libre fouette leurs joues »

 

« Dis donc…Flute ! Je voulais te dire quelque chose, je l'ai mangé en route »

Quand leur camarade traîne trop elles disent : « grouille toi le mou »

Ou encore « manie-toi le pète »

Dehors « une gaie petite bourrasque houspille les jupes »

 

 

 

 

Les mots de Colette

D'abord, le mot préféré : « dodine », nom donné en Bourgogne à un outil

destiné au brassage du vin. Mot à la fois image, son, mouvement. Dodine, ça sent sa Bourgogne gourmande.

Bercement.

Dodine.

Colette travaille ses mots en artisan avec une recherche de tonalité.

Bruissement.

Mots prolétariens de L'Envers du Music-Hall :

Les filles y sont « crevantes »

Parfois « maigriottes »

« Elles turbinent souvent à l'oeil »

Prises de « rouspétance » ( habitude de la grève )

«  Une bonne tripotée, ça les calmerait pas ? »

Elles ont parfois, en guise de chapeau  « un torchon sur la cafetière »

Elles ne veulent pas avoir l'air de clamecer comme les autres.

Quand elles sont dehors « l'air libre fouette leurs joues »

« Dis donc…Flute ! Je voulais te dire quelque chose, je l'ai mangé en route »

Quand leur camarade traîne trop elles disent : « grouille toi le mou »

Ou encore « manie-toi le pète »

Dehors « une gaie petite bourrasque houspille les jupes »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les mots de Colette

D'abord, le mot préféré : « dodine », nom donné en Bourgogne à un outil

destiné au brassage du vin. Mot à la fois image, son, mouvement. Dodine, ça sent sa Bourgogne gourmande.

Bercement.

Dodine.

Colette travaille ses mots en artisan avec une recherche de tonalité.

Bruissement.

Mots prolétariens de L'Envers du Music-Hall :

Les filles y sont « crevantes »

Parfois « maigriottes »

« Elles turbinent souvent à l'oeil »

Prises de « rouspétance » ( habitude de la grève )

«  Une bonne tripotée, ça les calmerait pas ? »

Elles ont parfois, en guise de chapeau  « un torchon sur la cafetière »

Elles ne veulent pas avoir l'air de clamecer comme les autres.

Quand elles sont dehors « l'air libre fouette leurs joues »

« Dis donc…Flute ! Je voulais te dire quelque chose, je l'ai mangé en route »

Quand leur camarade traîne trop elles disent : « grouille toi le mou »

Ou encore « manie-toi le pète »

Dehors « une gaie petite bourrasque houspille les jupes »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

samedi 22 novembre 2008, a 18:46
Claude Chauvière reçoit une lettre de Colette

Courte lettre de Colette :

 

« Mon petit Claude, depuis que j'ai lu Crimes, je me mets à penser que

 

 tu écrirais un très

 

 bon dialogue de théâtre, serré et significatif. Songes-y ?

 

Ceci n'est pas une vraie lettre, mais j'attends une vraie Claude ces

 

 jours ci, viens-tu ? Tu me trouveras seulement un peu maigrie, mais je

 

 t'embrasserai du même cœur . »

 

samedi 22 novembre 2008, a 13:18
Colette écrit à Claude Chauvière

Retour à Bénance pour quelques jours. Une lettre de Colette m'y attend

 

 déjà. Conseils sur mon dernier livre Crimes ( à paraître aux Œuvres

 

 Libres) :

 

" Mon petit Claude, quand viens tu ? Je t'espère. Je t'écris parce que j'ai

 

 lu Crimes, et que c'est presque tout le temps très bien, et souvent très

 

 épatant. Ce que je pense, c'est que, à partir du moment où elle

 

 appartient au petit, tu aurais pu la douer d'une sorte d'inconscience, ou

 

 du moins voiler, ne fût-ce que légèrement, et par places, la brutalité

 

 femelle. Le désarroi physique ne va pas sans fléchissement moral,

 

 même passager, à intermittences. Ce qu'il eût perdu en équilibre, ton

 

 personnage l'eût regagné en authenticité sans déranger ta fin. Tu me

 

 comprends ? "

 

vendredi 21 novembre 2008, a 18:09
Colette émouvante et peut-être perverse

Georges Wague m'offre un vieux numéro ( Comoedia illustré d'avant-guerre ) . Louis Delluc y encense la mime Colette :img0030.jpg

 

 

 

Pour moi, la plus originale des mimes, la plus vraie, est Colette.

 

Vagabonde, elle éparpille un peu son talent en incartades / La Chair !

 

Elle nommerait volontiers toute son œuvre vécue et vivante de ce titre.

 

Elle a célébré la chair impérieuse, la chair traîtresse, la chair lasse ou

 

triomphante, la chair sacrée / elle joue avec un grand voile blanc, où elle

 

 se sculpte, elle a des pieds et des jambes parfaits. Sa gorge s'offre, droite,

 

 et puis toute sa nudité harmonieuse se livre. Et nous ne savons pas si

 

 nous sommes troublés, ou si nous admirons simplement. Car elle veut

 

 être émouvante et peut être perverse, et nous nous laissons dominer par

 

 sa volonté, mais nous sentons qu'il y a quelque chose d'inexplicable et de

 

 très pur.

 

 

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vendredi 21 novembre 2008, a 14:15
Les gros plans de Feuillade

promethee.jpg

 

Wague se confond souvent avec le personnage de Brague dans La

 

 Vagabonde de la chère Colette. Parle avec autorité à sa camarade de

 

 scène « Faut te manier le pète, princesse. Allons grouille toi le mou

 

 pour la répète » Il se lève du canapé or et bleu, tourne à gauche, fait

 

 comme si Colette tourne aussi à gauche. Il répète. La main sur le front,

 

 il parle tout haut de Colette et de la pantomime : «  Loyale, solide,

 

 honnête… On joue tous les deux à se faire du chagrin…La pantomime

 

 est décédée… Le majestueux visage humain est mort des gros plans

 

 américains… C'est Feuillade qui les a trouvés les gros plans. Il en a

 

 parlé à Gaumont, pardi !

 

L'amérique nous les a piqués ! "

vendredi 21 novembre 2008, a 12:28
Marcel Vallée, beau et mince; Colette docile

Et Georges Wague raconte encore. Il est question de Marcel Vallée

ée.

 

 

Georges Wague se souvient avec nostalgie. « Marcel Vallée ? Colette

 

 en pince pour lui. Avant guerre, il est si mince et si beau. La Belle

 

 Epoque. Dans La Chair, pour finir chaque acte, le sang jaillit de

 

 son bras ou du mien. Le populo est content. C'est rigolo. »

 

 Il se redresse pour s'asseoir au bord d'un canapé or et bleu.

 

 Main levée, comme un maître d'école, il mime l'époque où il dirige

 

Colette. « Je lui dit : fais ceci ; elle le fait. Oh ! Elle était si docile !

 

 

 

vendredi 21 novembre 2008, a 10:01
Colette et la pantomime

Résumé :

 

 Claude secrétaire de Colette accompagne son adorée faire ses emplettes. Elle la suit jusque dans sa loge et recueille les confidences de Georges Wague sur l'époque,où, avant guerre elle jouait la pantomime.

 

 

Feuilleton du jour :

 

Wague reprend les mots de Louis Delluc dans Comoedia Illustré :

 

« Bohémienne mendiante ou chatte, vous tendiez votre gorge nue au

 

 couteau d'un Bulgare mélodramatique . »

 

Nouvelles confidences de Wague. « Elle a une personnalité, voilà. Dans

 

 la pantomime, les yeux comptent. Les yeux, c'est l'expression. Colette

 

 ferme les siens. Effet garanti : expression par l'immobilité. Elle ne fait

 

 rien comme personne. » Il va vers son bureau, me tend un porteplume

 

 dans lequel on voit une cathédrale. « En tournée, elle achetait un tas de

 

 saletés avec les petites sommes que je lui donnais, des paniers pour

 

 son clébard, du papier pou compliments bordé de dentelle. On gagnait

 

 à trois cinq cent francs par cachet. Et des sous d'avant guerre ! Trois

 

 artistes, c'est peu de frais. Chacun son succès. Christine Cerf, la

 

 beauté, Colette l'originalité, et moi le métier. RV8441-3.jpg

 

jeudi 20 novembre 2008, a 21:07
Colette et le lâcher de seins

 Résumé des épisodes précédents : 

 

 Claude Chauvière, jeune écrivaine, tient le secrétariat de Colette depuis peu. Elle accompagne son admirée  dont elle se moque aussi en douce. Coiffeur, essayages, chapelier, loge avant le spectacle...

Ce soir elle l'accompagne au théâtre..

 

 

 Dernier épisode :  Colette et le lâcher de seins

 

Théâtre des Champs-Elysées : vaste vaisseau.

 

Colette bredouille d'abord un peu. Public turbulent.

 

 La voix s'affermit. Elle va jusqu'au bout sans défaillance.

 

Jusqu'au bout, non du pensum, mais de la récréation. J'admire sa

 

 volonté. Elle joue parfois avec trente-neuf degrés de fièvre.

 

 Pas important pour elle. Les fleurs qu'on lui jette sur la scène la

 

 guérissent. Ivresse légère. Elle respire.

 

Jouer La Vagabonde avec Paul Poiret, le corps libéré.

 

Répéter Chéri,  Boulevard Suchet. Chéri très canaille avec de

 

 Guingamp, le plus canaille des gigolos. Chéri aristocratique avec

 

 Fresnay.

 

Jouer La Vagabonde avec Georges Wague.

 

Souvenir de ma conversation avec lui il y a huit jours. Wague, ses yeux

 

 de café brûlant et sa mèche grise. Chez lui, c'est comme au théâtre :

 

une scène, des stalles, des photos, des tentures, un piano.

 

L'acteur, directeur de tournée, professeur et camarade de Colette se

 

 confie.  Il l'appelle le rat blanc…Avec La Chair, ils tiennent l'affiche un

 

 an.

 

Fin de tournée, elle s'exhibe.

 

Il suffit de lui crier: « Lâchez les seins !  »

 

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jeudi 20 novembre 2008, a 16:24
Colette va entrer en scène

 

Elle est prête.

 

Poings d'aplomb sur la table.

 

Dernier regard dans la glace.

 

Elle quitte la loge, longe le couloir, mate les girls blondes et dodues qui

 

sautent à pieds joints sur les escaliers à claires-voies, s'intéresse

 

 aussi au pompier de service posté en coin du plateau, regarde par un

 

petit trou la salle vivante et fumante ; disciplinée, elle attend

 

 modestement son tour.

 

Juste avant elle, Maurice Rostand entre en scène. Il vole, basques au

 

 vent. Applaudissements immédiats. Démarrage de fusée. Récite des

 

 vers.

 

Colette va maintenant entrer en scène.

jeudi 20 novembre 2008, a 13:50
Colette se maquille

Théâtre des Champs-Elysées transformé en music-hall.

 

Ce soir, Colette y raconte une histoire au public. Elle arrive dans sa

 

loge sombre, lève les yeux vers le vasistas près du plafond. Il donne

 

 sur une cour étroite et sale. Elle s'arrange la figure devant une glace

 

 usée. Cheveux casqués d'un bonnet de caoutchouc, peignoir

multicolore pass2503253441968080_1.jpgé sur son tailleur or et bleu, elle est nue et inconnue.

 

Son profil ressemble au zouave de la réclame de papier à cigarettes le

 

 Nil.  

 

Patiente, elle étale, sur la petite table l'arsenal de sa boîte de

 

 maquillage. Les fards, elle les saisit, les manie habilement : crayons

 

 gras, fond de teint, chiffons…Expérience…Dextérité… En quelques

 

 instants elle est connue et habillée.

 

Maintenant elle rit. Rire chargé de vitamines ( l'expression est d'Albert

 

 Flament son critique du théâtre Daunou. Dans la Revue de Paris il

 

 dépeint « Un Renoir au bras savoureux, à l'épiderme frais et sain. Sa

 

 gaîté a une saveur vivante. Quelle splendide crudité que Colette ! »

 

Albert Flament quel personnage ! Il vient de publier un livre sur les

 

 amours de Léautaud avec sa fameuse Panthère.

 

Colette dont la chair est vraiment rose dis que Flament est un salaud.

 

Mon admirée a une peau nette au grain serré. Sur ce point, Flament a

 

raison. Elle dégage de l'épanouissement.

jeudi 20 novembre 2008, a 07:54
Colette mange des frites

Résumé des épisodes précédents :

 

Après les rêveries de Bénance, Claude Chauvière  revient à Paris par le chemin de fer. Colette souhaite l'engager comme secrétaire. A-t-elle besoin d'une collaboratrice ou d'une admiratrice ?

 Colette chez le couturier, La première aperçoit Colette, se précipite sur elle, secoue sa chevelure bleutée, s'agite dans son costume sombre. «  Venez aux miroirs ! »

propose-t-elle.On s'abandonne aux mains tatillonnes des essayages entre filles ; bas de sport, pyjamas, maillots de laine pour la mer.

 

 

 

Le chauffeur dépose Colette devant l'église Saint Roch. Elle se hâte vers la petite échoppe de la rue du 28 juillet. Chez Gaston, son coiffeur, elle déniche la paix.Sans un mot, le coiffeur s'active. Part chercher du shampoing. Revient avec des bandelettes et des bougies de ferraille.

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Le feuilleton du jour : Colette mange des frites

 

Toujours chez le coiffeur

 

Toujours détendue

 

Elle déjeune.

 

Calée dans son fauteuil.

 

Plateau sur les genoux.

 

Tête enroulée d'une serviette.

 

Victuailles parmi les brosses les lotions et les boîtes :

 

Victuailles : pommes frites,escalope, oranges ; pinard.

 

Les voix de Gaston et de Colette s'élèvent d'un ton :

 

« Qu'est-ce que vous pensez de mon petit bordeaux-là, Madame

 

Colette ?

 

- Il est fruité mon cher Gaston

 

- Oui Madame, fruité par la passion

 

Rôt de plaisir de la gourmande satisfaite. Elle est servie, se tourne vers

 

 moi, réfléchit profondément, prend sa respiration et me dit : « Ils sont

 

 humains ces gens là ». Elle se penche sur son fauteuil pour les

 

 regarder : ils mangent dans la cuisine.

 

 

 

 

 

mercredi 19 novembre 2008, a 22:09
Colette chez son coiffeur

Résumé des derniers épisodes :

 

Après les rêveries de Bénance, Claude revient à Paris par le chemin de fer. Colette souhaite l'engager comme secrétaire. A-t-elle vraiment besoin d'une collaboratrice ?

Entre deux jardins du Boulevard Suchet, l'hôtel particulier a le charme

des maisons closes. Chambre à coucher aux murs de batik ocre et noir...

Colette fait des courses. Claude l'accompagne.

Comme chez elle, oui, chez G.P. , elle est comme chez elle.

On y parle mœurs du temps .

On s'abandonne aux mains tatillonnes des essayages entre filles ; bas de sport, pyjamas, maillots de laine pour la mer.

 

Dernier épisode : Colette chez son coiffeur

 

Le chauffeur dépose Colette devant l'église Saint Roch. Elle se hâte

 

 vers la petite échoppe de la rue du 28 juillet. Chez Gaston, son coiffeur,

 

 elle déniche la paix. Chez Gaston, elle dort pendant qu'on lui polit les

 

 ongles. Détente. Elle vient dans cette sombre arrière- boutique depuis

 

 plus de vingt ans. Elle est sûre que Gaston voit encore en elle la jeune

 

 campagnarde débarquée à Paris. Chez lui, elle ressent le bien être des

 

 gens de peu, la vraie détente du trimard recru. La bête se repose à

 

 l'écurie.

 

Sans un mot, le coiffeur s'active. Part chercher du shampoing. Revient

 

 avec des bandelettes et des bougies de ferraille. Colette, front incliné

 

 sur le lavabo de porcelaine, roupille. Elle frissonne. Le coiffeur pose

 

 sur ses épaules de lutteuse un peignoir de coton blanc. Pas de décor.

 

 Pas de corvée de représentation. Pas de rôle. Elle dort.

 

L'importun entre dans le salon de Gaston. Mimique de surprise.

 

 Maintenant il s'enquiert : « C'est ça Colette ? » Le coiffeur lui fait signe

 

 de se taire. L'homme vient prendre un rendez vous pour sa fille ;

 

 scandalisé il continue :  « La dame qu'on teint. - Est-ce possible ? Est-

 

ce permis ? »

 

Claude, la secrétaire, dans un dîner officiel s'est vue questionnée par

 

 des personnages factices et conventionnels : « Pourquoi elle a

 

ces idées là ? »

 

L'épicière souhaite Colette svelte.

 

Le pharmacien la veut morbide.

 

La fleuriste pense qu'elle lui ressemble.

 

Dans une soirée, un snob, pathétique et définitif a dit : «  Je l'adore ». Il

 

 ne saura jamais pourquoi !

 

Colette se réveille. Gaston ferme boutique. Colette va manger ce qu'il

 

 lui a préparé

mardi 18 novembre 2008, a 13:09
Moeurs

Le travail de secrétaire de Claude Chauvière et les moeurs de Colette.

 

Plus tard, Colette s'invite chez son amie Gabrielle. Plusieurs jeunes femmes essayent des vêtements à la mode. Colette trouve ça épatant.

Elle participe, s'abandonne aux mains tatillonnes des autres femmes. Sa peau frissonne. Je me crois rue des Moulins. Elles se dénudent pour passer : bas de sport,  pyjamas, maillots de laine pour la mer.

 

 

 

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La porte de la chambre s'ouvre lentement,  une timide jeune fille apparaît, annonce d'une voix à peine audible:  " je veux être mannequin". Elle est belle comme un Rubens. Pause. Elle attend de Colette une réaction qui ne vient pas. ne recevant aucun signe, elle baisse la tête et murmure : "Je vais essayer un pyjama" « Elle a les hanches trop fortes » marmonne Colette qui s'en va. J'emboîte le pas .

 

 Maintenant nous voilà chez un chapelier qu'elle fait marcher.

 

Elle aime les chapeaux à larges bords.

 

 «  Mon petit Claude, quelle sotte idée, elles ont, de dévoiler leur front

 

 ainsi ! Leur visage dépouillé est scandale permanent, scandale

 

 d'aridité »

 

Alors chez M.R. , un chapelier à qui elle n'a jamais rien acheté,

 

elle exige :

 

                            -- Des bords surtout !

 

Elle affectionne depuis toujours la même forme de chapeaux.

 

Le chapelier  L…. les lui fournit.

 

  Elle lui est fidèle.

mardi 18 novembre 2008, a 10:31
Colette chez le couturier

La première aperçoit Colette

 

Elle se précipite

 

Secoue sa chevelure bleutée

 

S'agite dans son costume sombre

 

«  Venez aux miroirs ! »  propose-t-elle.

 

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Colette prend la main de la beauté glacée.

 

A deux, elles escaladent une sorte de scène éclairée par un jeu savant

 

de miroirs.

 

 Elles se voient de dos, de face, de profil.

 

Colette aime les ors et les bleus et ors de Fra Angelico,

 

la radiance, l'effulgence des vêtements d'autel :

 

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Bleus et  jaunes de Vermeer : matité gorgée

 

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Depuis Byzance et l'Angélico on a guère osé

 

Porter un habit de lumière

 

Et de sucs de la terre

 

Pourtant au noir Colette se résigne, « dame de l'auteur / devant de

 

jeunes vendeuses glaciales "

 

Relire " La Seconde "

mardi 18 novembre 2008, a 10:12
Colette fait ses courses

Traversée du Pont d'argent : une petite femme aux bas roses grelotte

 

 sous la pluie. Colette ironique. Eloges pour une longue femme-tige en

 

ciré noir. Elle marche d'aplomb sur de fortes semelles, pied au chaud

 

 dans un bas de laine rayé. « J'ai l'impression de la connaître »

 

 chuchote-t-elle en s'avançant sur le Pont d'Argent.

 

                  « C'est qui ?

 

                  - Une femme d'instinct

 

                  - Elle a une jupe longue

 

                  - L'instinct ? faire deviner sa jambe, tu sais, la jambe

 

                   devinée excite l'amoureux :

 

                                                                         Mirage

 

                                                                        Tentation

 

                                                                       Aventure

 

                                                                       Loterie »

 

Voilà maintenant Colette chez F.D. juchée sur un tabouret. Elle palpe

 

les soies et les velours déroulés pour elle. Chatoiement de la flore

 

 universelle : marine, terrestre, céleste.

 

Extase de Colette.

 

Elle imagine la femme en ciré de demain.

 

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lundi 17 novembre 2008, a 21:21
Chez Colette

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Claude Chauvière...

 

Après les rêveries de Bénance, elle revient à Paris par le Chemin de

 

Fer. Colette l'engage comme secrétaire.

 

Claude tient dans sa main le penn-gaz du grand père.

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Avec ce bâton rouge, l'âme bretonne la suit partout, même à Paris.

 

Colette habite chez Eve Lavallière ( le genre Liane de Pougy : 

 

cocotte en 1900 puis nonne à ses vieux jours ).

 

Entre deux jardins du Boulevard Suchet, l'hôtel particulier a le charme

 

des maisons closes.

 

Chambre à coucher aux murs de batik ocre et noir avec trois fenêtres,

 

drapées de batik blanc et rouge.

 

 On se croit rue des Moulins dans le bordel où Toulouse Lautrec

 

 accueillait  sa maman indignée.

 

Colette s'y installa en 1917 avant de rejoindre l'affectation italienne

 

obtenue par Anatole de Monzie.

 

Immuables, les tentures murales accueilent maintenant les rôles de

 

Colette.

 

Eve Lavallière est devenue bonne soeur.

 

Sur une vieille image accrochée dans la cuisine, elle danse avec

 

Max Dearly.

 

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jeudi 06 novembre 2008, a 17:02
les feux de la Saint Jean

Afficher l image en taille réellePromenade nocturne. Souvenir d'une chanson de grand'mère :

 

 

" Le jour de la Saint- Jean de feux,

 

Autour des fagots j'ai tant dansé,

 

Que j'ai mon soulier déchiré,

 

Trou la lirette,

 

Trou la Liré,

 

Our bateau braz y hez harrihuet,

 

Tri damesiles hih douh guelet,

 

Matelots pequemen gueret, "

 

 

C'est beau comme mère -grand parlait  à Bénance !

 

 

mardi 04 novembre 2008, a 21:52
Entre Néret et Truscat : le trou du diable

Liane a ravivé chez moi une certaine poésie, celle de Renée Vivien. Liane partie, je reste avec mes poèmes. Les chemins de mon enfance estivale et marine me conduisent entre Néret et Truscat. Plongée dans l'antique forêt de la presqu'île, je m'imagine.

 Couëtdihuel... c'est le nom celtique de cette forêt.

Plus près de nous, les histoires de nos anciens évoquent le trou du diable, près du fossé du château. Son propriétaire, le Marquis de Breuilpont, demande aux promeneurs de se signer à l'approche du trou.

Ils le font et les korrigans... 

 

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mardi 04 novembre 2008, a 10:34
Envol

 

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Ciel au couchant quand la mer se retire

 

Ciel d'opale gris et mes chaussures mouillées de pluie

 

Entre le Ruault et Bénance, les oiseaux migrateurs font du boucan

 

Puis vers dix huit heures, hier soir : l'envolée

vendredi 31 octobre 2008, a 17:28
Un beau poème de Renée Vivien

Les longues mains tâtonnantes de Renée Vivien  

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se tendent vers ses amies.

Elle offre ce qu'elle a de plus beau.

 Les bracelets s'ouvrent sur ses bras comme par enchantement.

Renée Vivien, rencontrée une seule fois en 1908, à mes débuts dans le journalisme. Son bracelet se retrouve sur mon bras et je ne peux dire non.

 

Elle m'appelle «  fleur blonde » et confesse à voix basse, le beau poème dédié jadis à Natalie Barneybarney.jpg

 ( L'infidèle Natalie a séduit Liane de Pougy en revêtant un costume de page pour se déclarer  - la scène date de 1899-)

 

«  Ton rire est clair, ta caresse est profonde,

Tes froids baisers aiment le mal qu'ils me font

Tes yeux sont bleus comme un lotus sur l'onde,

Et les lys d'eau sont moins purs que ton front ;

Ta forme fuit, ta démarche est fluide,

Et tes cheveux de légers réseaux ;

Ta voix ruisselle ainsi qu'un flot perfide ;

Tes bras souples sont pareils aux roseaux,

Aux longs roseaux des fleuves, dont l'étreinte

Enlace, étouffe, étrangle savamment,

Au fond des flots, une agonie éteinte

Dans un nocturne évanouissement. » 

 

                         ( Ondine ) 

lundi 13 octobre 2008, a 16:58
Les fleurs de flamme de Renée Vivien

Il fait nuit sur Truscat. Douce promenade d'été.

Forêt calme aux branches puissantes comme des pythons immobiles.

Etoiles grandes ouvertes... comme les fleurs de flamme de Renée Vivien.

Mais où donc est la trahison ?

Dans cette terre bretonne ?

Elle monterait du sol ?

Elle grimperait aux feuillages ?

Non, c'est dans la jungle indienne qu'elle revient vers les hommes en sautant de liane en liane.

La terre bretonne est fidèle.

Rentrée à la maison je relis Renée. Dans son texte les lianes s'enroulent comme des serpents verts.

A la relire, c'est l'homme, le traître. ce Blue Dirk laissant  Joan se faire bouffer par la tigresse vengeant son mâle.

The Forest Devil, alias Blue Dirk est un salaud.

Ne voyant pas revenir sa compagne, il ne s'est pas inquiété... Le traître !

Les hommes sont parfois dépourvus de l'inséparable honnêteté ordinaire des femmes.

le goujat, le traître a seulement marmonné :

-- " Ah ! la garce ! me tromperait-elle avec un hindou ? "

La tigresse fidèle, pendant ce temps, venge son tigre en bouffant Joan.

Les étoiles sont toujours là comme les fleurs de flamme d'un enfer où The Forest Devil grésillera bientôt.

lundi 13 octobre 2008, a 15:58
Renée Vivien ou Pertuiset ?

Suis restée à Bénance.  Irai plus tard à Branféré. Je rêve de l'inde . Dans l'île magique de Truscat, je chasse le tigre.  Pertuiset  traquait bien le lion !Un jour  Olivier Rollin écrira un livre à succès sur ce bouffon- modèle de Manet.

Les villageois me demandent de les débarasser de deux tigres. Comme dans le conte de Renée Vivien, j'attache un veau blanc à un arbre et j'attends.

Je relis souvent le " Trahison dans la forêt " de ma belle poètesse.

Le cou du veau s'enfonce dans la gueule de tigre.

Je vise le coeur. Je tire.

Que croyez vous qu'il advint ?

Avez vous lu Renée  Vivien ?

vendredi 03 octobre 2008, a 21:50
L'angélus de Sarzeau

J'ai rencontré le chemineau Malézieux près de Sarzeau. A chaque retraite ici, je vais sur les hauteurs qui dominent Le Ruault. On y domine le Golfe du Morbihan, avec toutes ses petites îles. Mon amie Anne habite l'une de ses îles : Tascon . Il n'y a pas plus de dix maisons dans l'île. En cette fin de printemps les oiseaux migrateurs sont partis. L'hiver, la nuit, c'est impressionnant. les oiseaux de mer croassent. Le père d'Anne prend son fusil et met sa barque à l'eau. La chasse commence.

Chaque matin, il part en mer, avec une certaine angoisse. La crainte de ne rien prendre l' habite. S'il le faut, ils ramènera un héron ou un cormoran. Avec ses mains pleines de crevasses, il charge son bateau de flottes de goémon qui engraisseront la terre pour donner des pommes de terre. L'hiver, il fait très froid, sa peau  est aussi cuite de gel que de soleil.

Le soir, à la belle saison, comme maintenant, je me promène dans le bourg . Les femmes, au moment de l'Angélus, sont sur le pas de la porte, elles tricotent. Les cloches annoncent l'Office du lendemain. Si c'est un enterrement, on se murmure le nom du mort avec décence. On est  heureuse d'être encore là . Avec cette satisfaction, on va passer une bonne nuit.

vendredi 03 octobre 2008, a 18:53
Madame Tellier, vous auriez dû m'empêcher !

  Le normalien n'a pas la décence des hommes ordinaires.

Je ne le tiens pas au courant des suites de notre cavalcade en Presqu'île de Rhuys.

Je ne veux pas qu'il connaisse le résultat de cette capiteuse après midi . 

Que faire de l'enfant que je porte ?

Je ne veux pas de lui.

Je ne veux pas qu'il existe.

Il menace mon indépendance à laquelle je tiens tant..

Je vais chez la mère Tellier. 

 A la mauvaise saison, elle reçoit les filles qui batifolent l'été dans les blés.

Je frappe contre les volets fermés.

La mère Tellier, vêtue d'un méchant jupon et d'une camisole, a les pieds nus dans ses sabots.

Moi : Ca va me faire mal ?

Elle : On y  va, oui ou non !

On y est allé!

Après elle me pousse sur la route avec un  " ne criez surtout pas "

Je cours chez moi, trouée de froid et de souffrance.

Je suis seule, mes parents sont à Paris.

Je me traîne vers ce qui fût mon lit de jeune fille.

Des douleurs,en masse, m'écartèlent.

Entre chien et loup, courant à travers champs, pour éviter les gendarmes, la mère Tellier vient me voir.

Moi : Mère Tellier, qu'en avez vous fait ?

Elle : Je l'ai noyé dans la rivière.

Moi :Après ?

Elle : Un garçon.

Moi : Mère Tellier, vous auriez dû m'empêcher !

Elle : On dit toujours ça ... après ! Allez, Mademoiselle Chauvière, buvez plutôt cette tisane au lieu de dire des bêtises.

lundi 29 septembre 2008, a 20:31
Retour au pays du chemineau Malézieux

Après la soirée du Majestic, je réfléchis sur ce monde artificiel d'écrivains cabotins ,de demi-mondaines et de politiciens. Je vois trop souvent Anatole. Ses manoeuvres politiciennes incessantes m'énervent . Il vient de mouiller Romain Rolland dans une sombre histoire d'Union paneuropéenne. Après avoir rétabli les relations avec le Saint Siège, il complote avec les communistes pour que la France reconnaisse le gouvernement soviétique. Il est loin le temps où il faisait expulser des moines de leur abbaye entre deux cordons de gendarmes. C'est une girouette politique; Le contraire de l'idéal porté par mon père.

.  Arranger les choses, concilier l'inconciliable, c'est permanent chez Anatole. Dans quelquesannées,  il cherchera même à rapprocher Hitler des alliés par la médiation de Mussolini ! Anatole, tu devrais te consacrer à la littérature, tu écris si bien . J'aime ton livre : La Mort de Julie. Ecris au lieu de te faire bouffer par la politique et par tes réunions de Comices Agricoles du Lot.

 

 Tu te dis : il est urgent, mon petit Claude que tu changes d'air. Tu vas retourner  au pays du chemineau Malézieux, du côté de Sarzeau.Tu vas oublier ce monde. Allez , décides-toi vite mon petit Claude.

Te voilà à la gare Montparnasse avec des oeufs durs, des petit pains et un cornet de sel. Finies les élégances du Majestic. Tu voyages en troisième classe avec une famille qui  part à un enterrement : le petit garçon s'assoupit  entre deux couronnes mortuaires,  la mère et ses deux filles mangent du saucisson à l'ail, le père boit des rasades de pinard avec sa gourde de poilu. 

Tu vois défiler des villes aux toits toujours pareils qui brillent au soleil. Vergers en fleurs, vaches dans la luzerne , cabrioles de poulains dans un champ... Tu retrouves un monde oublié, celui du chemineau Malézieux..

Le train s'arrête dans les petites gares. La garde-station caresse le bras du mécanicien avec son drapeau rouge. Des cantonniers poussent un roupillon sur un tallus de ballast. Le cocher s'impatiente devant la barrière trop longtemps baissée. Le cheval, lui, se repose.

 La locomotive poussive repart en lâchant des volutes de fumée dans les arbres. Des militaires agitent leurs mouchoirs  vers des jeunes femmes.  

A la gare suivante, tu descends du train et monte dans l'omnibus de correspondance. Deux religieuses prient en égrenant leur chapelet.Une gamine boutonneuse se mouche bruyamment.. Pas un mot pendant les  dix minutes de trajet.   Dans le ciel bleu, une écharpe d'alouettes se déploie.  Sur sa butte, un moulin à vent tourne obstinément  Les prés sont mouchetés de petites fleurs des champs. On croise des carrioles dont les  occupants se protègent du soleil avec un  parapluie ouvert en guise d'ombrelle.

Mon petit Claude  tu es arrivée au pays où tu as rencontré le chemineau Malézieux.

 

 

 

dimanche 28 septembre 2008, a 20:53
Toi, quand tu fais l'amour, tu ne raisonnes pas

Tu es réveillée.

Anatole dors encore.

 Sa poitrine velue te rappelle Malézieux, l'homme de ton premier élan sexuel : un chemineau à la poitrine velue, dégoulinante de sueur. 

 Véritable forêt mouillée, sa parure  pue le bouc. C'est pour toi le premier appel à la bête.

Sur le visage tanné du chemineau, sur les plis tourmentés de son cou, ça coule en abondance, inondant la femelle que tu es devenue. La sueur perle à l'extrémité de chacun des poils du mâle. Il peine tellement qu'il en bave sur tes yeux fermés.

Malézieux le chemineau t'a secourue quand tu es tombée comme morte près de lui. A  ton entourage indifférent, il a dit inquiet : " elle est toute blanche. J'men vas la porter à l'hôpital ".

Malézieux est secoué de dévouement de la tête aux pieds, lui qui évite les gendarmes dont il a peur et les femmes qui ont peur de lui. Tu l'aimes comme une vierge émue, comme une créature éblouie bénissant son sauveur.

 Le chemineau est lumineux dans ta nuit sans étoile. Pour ton malheur, il continue de cheminer , pendant que tu guéris à l'hôpital.

Le temps d'être serrée dans ses bras, tu as cessé d'être la femme de personne.

 Que dirait  Marcel Proust de ce désir jaillissant dans l'instant avec ton mâle velu ?

Tu as droit à ton plaisir, lui au sien avec ses duchesses et sa psychologie complexe.

Toi, quand tu fais l'amour, tu ne raisonnes pas. Tout ça, tu l'as écrit dans ton livre : La Femme de Personne

samedi 27 septembre 2008, a 20:36
Joyce et Proust boivent, et moi je...

 Nous quittons le Majestic, Proust part peu après. Proust invite les Schiff , les emmène dans le taxi de Célestin Odilon, le mari de Céleste son indispensable gouvernante. Mais Joyce est là. Il s'incruste, saute dans le taxi pour le dernier champagne chez Proust. Bourré, pas seulement d'alcool, mais aussi de complexes, le Joyce ! Il imagine Proust dans un somptueux appartement près de L'Etoile .Ca le fascine, lui, dont la compagne Nora, vit  à Londres dans l'attente d' un bel appartement à Paris. Joyce trouvera  vite un appartement autrement plus luxueux. Je le rencontrerai bientôt au Café Francis, en compagnie de Nora.

Dans le taxi pour aller rue Hamelin, Joyce allume un cigare et baisse les vitres. Sydney Schiff les remonte et fait éteindre le cigare. Proust parle beaucoup, ignore Joyce, sauf  à l'arrivée, rue Hamelin. Là, avec autorité, il  demande à Célestin de ramener  Joyce chez lui. Débarassé , Proust emmène ses amis Schiff, boire le dernier vers dans son austère tanière.. Joyce fera la tournée des bars avant de revenir chez lui, ivre-mort.

 

Pendant ce temps, je suis avec Anatole, dans notre petit hôtel de la rue des Moulins. Lui, agenouillé sur la descente de lit. Moi allongée sur le drap, en travers. Il a installé des coussins sous mon ventre. Sa langue fait des mouvements complexes qui m'électrisent. Langue agile et acrobatique comme les danseurs de Diaghilev.  A croire que l'imprésario des Ballets russes est aussi celui de la langue d'Anatole. Cette langue de diable a mis mon corps en feu. Le jour est levé, mais pour moi, la nuit ne fait que commencer .Ce soir, je ne suis plus La Femme de Personne

vendredi 26 septembre 2008, a 20:15
Anna de Noailles et le désir féminin

Mes dialogues imaginaires entre Proust et James sont interrompus par l'odeur d'urine des rognons de James. Assise au milieu de la coterie de Proust, je me suis échappée dans un ailleurs, fruit de mon imagination.. Quand je m'embête,  je rêve. Les vrais personnages qui m'entourent  se transforment au gré de mon imagination, s'animent autour de moi. Spectacle de marionnettes dont je tire les ficelles et dont je me retire maintenant pour retrouver  Anatole:

Moi : Anatole, pourquoi elle n'est pas là Colette ?

Lui : Trop occupée entre son mari et le fils de son mari !

Moi : Ca durera jusqu'à quand ?

Lui : Je pense qu'à la fin de l'été, la saison de ses amours terminée, on la

          verra sans peine.

Moi : Didont, Anatole, tu crois pas que tu te moques un peu des femmes !

Lui :  Pas du tout,mon petit Claude, simplement ma chère Colette est un

          oiseau dont le coeur bat au rythme des saisons. Jouvenel me l'a

          dit, tel quel. Je l'ai vu hier, tu sais Colette couche avec son fils. Ya de

          quoi être furibard. Le gamin n'a pas dix neuf ans !

Moi : Elle fait ce qu'elle veut Colette. Pourquoi tu dis rien quand tu lis ce

          Joyce écrit sur son Bloom qui couche avec des gamines de quinze

          ans ? Deux poids deux mesures, tu crois que c'est juste ?

Lui: Ulysse est une grande oeuvre épique et satirique

Moi : Ils sont magnifiques, Proust et Joyce. Mais c'est désir d'homme, plaisir d'homme, langage d'homme. Et les femmes? Rachilde  éclipsée depuis des années.  Colette critiquée quand elle aime. Marguerite Audoux méprisée, Renée Vivien oubliée, Marie Lefranc ignorée, Anna de Noailles boudée. 

 

Dans la voiture qui nous conduit rue des Moulins à la fin de la réception,

les premiers vers de La Vie Profonde d'Anna de Noailles me reviennent :

 

Etre dans la nature ainsi qu'un arbre humain,

Etendre ses désirs comme un profond feuillage,

Et sentir, par la nuit paisible et par l'orage,

La sève universelle affluer dans ses mains

 

Poésie qui rend beaux les désirs, ceux de la femme et ceux de l'homme, les miens et ceux d'Anatole. Poésie de la passion qui nous brûle en faisant fi des modes littéraires. Bonsoir à mes petites soeurs les femmes. Bonjour à vos désirs... Je souhaite pour vous la vie Profonde chantée par Anna.

 

vendredi 26 septembre 2008, a 09:50
Joyce veut tout de suite des femmes et des rognons de mouton

On imaginera aisément la réponse donnée par Joyce aux affres introspectives de Proust, citations d'Ulysse à l'appui.

 

-- Monsieur, pour les femmes je ne suis pas d'accord, elles valent par leur présence et non par leur absence ; il faut pouvoir les toucher , être carressé jusqu'à l'extase. Quand elles sont plusieurs, c'est encore mieux.

Si la femme est seule, raison de plus qu'elle ne vous fasse pas attendre !

La femme, je la veux près de moi, et pouvoir, comme dans mon livre lui dire :

" Caressez-moi. Doux yeux. Main douce, douce-douce. Je suis si seul ici. Oh, caressez-moi sans attendre, tout de suite. Quel est ce mot que tous les hommes savent ? Je suis seul et tranqille. Et triste. Touchez- moi, touchez-moi."

-- Proust : Vous voulez toujours tout, tout de suite ?

 

Joyce n'écoute même pas la question . Bien cavalier, il se penche vers Violet Shiff, pour une petite messe basse, bien désobligeante pour Proust.la conversation est tombée, la gène s'installe, juste rompue par l'arrivée d'un Maître d'hôtel, tenant cérémonieusement un plateau de tripes à la main. Le visage de Joyce resplendit, devient plus rouge encore, le coq,  de nouveau prêt au combat, se tourne vers Proust :

__ Joyce : Vous savez, Monsieur, les rognons de mouton au gril, quand j'en ai envie, c'est comme les femmes, je les veux tout de suite. Je suis comme Monsieur Bloom, mon héros,qui, "Par-dessus tout aimait les rognons de mouton au gril qui flattaient ses papilles gustatives d'une belle saveur au léger parfum d'urine. " 

mercredi 24 septembre 2008, a 20:44
Proust, Joyce et la maquerelle.

Proust : Comment pouvez vous imaginer des horreurs pareilles. Des enfants de quinze ans mêlées à de telles aventures. Et la Loi ? Et la police des moeurs ? Et le risque de se faire prendre ? Non, vraiment, ce n'est pas moral, il ferait mieux de se masturber votre Monsieur Bloom...

Joyce : La loi, justement, on y pense dans mon livre . La maquerelle avec ses prunelles de louve allumées fait bien attention pour pas que " les moeurs ils nous poissent "

Proust : Mais Molly, la compagne de Bloom, dans cette débauche, que devient elle ?

Joyce : Tout est dit la dessus dans l'échange entre Madame Breen et Bloom

           -Mme Breen : " Attendez un peu la prochaine fois que je vois Molly !"

           -Bloom : " Ca  l'amuserait de  voir... En souvenir du bon vieux temps

                            Je voulais simplement dire une partie carrée, une

                             combine mixte de tous nos petits conjugos"

Proust : Et le désir dans tout cela ? Pour aimer une femme, on  ne doit pas la posséder immédiatement. La belle personne doit pouvoir dire  qu'elle n'est pas libre ce soir . Vos prostituées, comme vos personnages sont toujours disponibles.  Impossible de désirer une personne dont on a la certitude qu'elle ne vous échappera pas. Pour désirer il faut craindre le manque. j'ai écrit : " Les femmes un peu difficiles, qu'on ne possède pas tout de suite, dont on ne sait même pas tout de suite qu'on pourra jamais les posséder, sont les seules intéressantes ". Vous savez, ne pas chercher à acquérir trop vite les belles choses est une condition du désir réel et durable, du désir qui rend fascinante la personne qui vous manque.

Joyce : C'est pour cela qu'il vous arrive de poser des lapins ?  

Proust : oui, mais pas seulement, tenez, la duchesse de Guermantes possède beaucoup plus de vêtements qu' Albertine, mais Albertine aime davantage ses affaires ; elle passe des heures à rêver de tel manteau qui lui manque, c'est ainsi que le désir de cette parure monte en elle,.Oh! vous savez, je l'ai écrit, il en est ainsi de la valeur accordée au manque,

" comme tout obstacle apporté à une possession "

mardi 23 septembre 2008, a 17:56
Ce que Proust et Joyce auraient pu se dire

Que Proust, énumère à Joyce, ses afflictions physiques, est-il du plus grand intérêt ? Qu'il se plaigne d'une constipation, l'obligeant à prendre tous les quinze jours un laxatif , source de maux d'estomac, intéresse-t-il ce beau monde qui l'entoure ?  Pendant qu'il livre à Joyce, ce florilège de coquecigrues, ses yeux glissent sur le chatoiement des étoffes, le bout de ses doigts se pose délicatement et subrepticement sur les manches de ses voisins de chaise, dont il ressent , jusqu'au fond de lui même, la texture mousseuse, soyeuse ou glacée.

Proust aurait pu interroger Joyce sur l'arrivée de Bloom  dans Mabbot Street , le quartier des bordels. On imagine leur conversation :

Proust :  Pourquoi dans votre livre, que j'ai lu, la vieille maquerelle saisit-elle  Bloom par la manche ? Pourquoi frotte-t-elle contre  la main de Bloom les soies qui flottent à la verrue de son menton ?

Joyce  : c'est pour vendre " dix shillings une virginité. Tout frais tout nouveau, personne n'y a jamais touché. Quinze ans. Y a personne que son vieux dab qu'est soul perdu ". Que cette réponse reprenant intégralement une réplique d'Ulysse ait pu convenir au très moral et conventionnel Proust, n'est pas certain.

 

dimanche 21 septembre 2008, a 21:39
Le nouvel homme féminin et les coquecigrues

James Joyce s'ennuie de sa compagne Nora, restée à Londres. Dans quelques mois elle le rejoindra. Je les rencontrerai souvent au Café Francis , Place de L'Alma. Ce soir, sans elle, il est anxieux. Il boit trop. Pourtant, c'est lui qui relance la conversation :

-- Comme M. Bloom le dit dans mon Ulysses, que vous avez lu, sans doute..."

-- Mais non monsieur.

Proust ignore-t il vraiment, que, ce Bloom est le premier spécimen du nouvel homme féminin du vingtième siècle?

 Méconnait il la souffrance de Bloom, son envie insatisfaite de posséder un utérus? Sans doute pas...  Je pense même qu'il connait parfaitement le cri du coeur de Bloom, lorsqu'il change de sexe dans " Circé " : Oh, je désire tant être mère "

 Et, c'est pour se racheter, que Proust  relance la conversation... en expliquant son retard par les souffrances... de son foie. Les symptômes de ses petits ennuis sont décrits avec une précision clinique inspirée par de grands médecins : ses père et frère.

James Joyce, croit reconnaître son mal :

-- Tiens Monsieur. J'ai presque les mêmes symptômes.

Joyce et Proust se plaignent ainsi de leurs maladies jusqu'à huit heures du matin ( plutôt que de parler du nouvel homme féminin. Cette nuit là , nos deux hommes ont accouché de belles coquecigrues ! Reste à imaginer ce qu'il auraient pu se dire.

 

samedi 20 septembre 2008, a 22:10
Marcel Proust et James Joyce : une rencontre ratée

Sydney et Violet Schiff, mécènes organisateurs de la soirée veulent que James Joyce et Marcel Proust discutent ensemble. Entre deux salles, dans l'embrasure d'une porte accordéon, ils placent deux chaises face à face. Les deux écrivains s'y installent, leurs admirateurs disposés autour d'eux, en demi lune.

Proust : " Comme j'ai dit, monsieur, dans Du côté de chez Swann, que sans doute vous avez lu..."

Joyce : " Non monsieur..."

 La suite de la conversation fut de la même veine.

Fermant les yeux, j'ai préféré imaginer Proust à Combray :

 Tante Léonie

 Manteau de roses blanches

 Blanche nappe en guipure,

Prince Eugène en effigie dans un buffet degare

Commode de tante Léonie

 Vichy célestin ...



samedi 20 septembre 2008, a 20:48
L étoffe noire et moirée de Proust

Proust surgit, tout gominé, vers deux heures du matin. Est il vraiment habillé ? Pas vraiment. Une étoffe noire et moirée recouvre son corps. Ses gants de chevreau blancs dépassent. A l'aise comme un familier, qui, voyant de la lumière chez ses amis, grimpe leur dire bonjour en voisin ( il habite à 500 mètres ). C'est presque ça. Il sait que Picasso est là. Il le vient voir. Il a failli le rencontrer, sur sa demande, ( Dans Proust au Majestic, Richard Davenport-Hines rappellera à la page 146 , la rencontre préparée par Max Jacob, et qui échoua, Proust, spécialiste du lapin, ayant téléphoné du Ritz qu'il était trop fatigué; ( Francis Poulenc, Cécile Sorel, Georges Auric, l'attendirent donc en vain au Jardin de ma soeur, une boîte de nuit des plus élégantes, mais qui ne valait pas de l'aveu même de l'absent " les soirées nombreuses et affectionnées comme un feu d'artifice") ). Proust sait se faire désirer.

Mais oui, Picasso est là, transformé par le succès du cubisme et rivalisant de dandysme avec Proust, sa  faixa catalane nouée au dessus des yeux.

Il est loin le temps où la pauvreté le conduisait à dormir dans le même lit que Max Jacob.

 



mercredi 17 septembre 2008, a 16:27
L'élégance du superficiel

Anatole et moi arrivons au Majestic vers une heure du matin. Le Majestic ne s'appelle pas encore le Raphaël . Buffet délicat avec tous les plats favoris du très attendu Marcel Proust. Viendra-t-il ? Il se décommande souvent. Sa santé est si délicate et il s'écoute tellement. Joyce est déjà arrivé. Je suis curieuse d'assister à la rencontre des deux hommes. Liane de Pougy vient gentiment nous dire bonjour. Max passe chaque été chez elle en Bretagne. Avant de devenir la princesse Ghika, elle revendiquait le titre de Reine parisienne de l'Amour. Maintenant elle tricote des chaussettes rouges pour Max. Elle écrit des nouvelles subtiles. Saura -elle garder son prince de vingt ans son cadet ? La question taraude des cercles comme celui de Nathalie et Romane. L'élégance du superficiel fait fureur dans ce Paris restreint des années folles.

mardi 16 septembre 2008, a 18:46
Les cabrioles de Nijinska

Renard est  modérément apprécié par le public . La musique polyphonique est encore peu connue. Nijinska  transpose à Garnier sauts et cabrioles du cirque russe. Larges épaules, corps de rêve. j'admire cette danseuse. Diaghilev, a réussi ce ballet de vingt minutes, même si la très classique première partie du spectacle suscite plus d'enthousiasme. La princesse à la fin du spectacle veut m'emmener dans les loges des danseurs. " les danseurs, pas les danseuses" , précise-t-elle. elle va donc au delà de  son intérêt pour les femmes. Je connais  un président de club de Rugby, dont la très saphiste compagne,une certaine Denise, apprécie aussi les vestiaires masculins d'après match...

mercredi 10 septembre 2008, a 17:24
La position dépressive de l'écrivain

Anatole me parle du talent littérraire de papa.

-  Mon petit Claude quand on a devant soi un maître comme      Gourmont,  on   le suit.

-- Mon père n'était pas suiveur.

-- Et Gourmont jamais flatteur !

-- Alors comment  expliques tu  tous ces carnets appréciés par  Gourmont et jamais publiés ?

-- Par sa position dépressive .

-- Explique moi...

-- Mon petit  Claude, ton père éprouvait un besoin non satisfait  d'être reconnu. La reconnaissance, chez lui,  tout tournait autour de ça. La peur de la méconnaissance  déclenchait un comportement d'évitement. Ne pas publier évitait la non reconnaissance. C'était chez lui inconscient, comme tout mécanisme de défénse. C'est pour moi, un aspect de la position dépressive de l'écrivain. Pas facile de devenir écrivain.

 

Anatole vient de découvrir Sigmund Freud. Avec sa culture encyclopédique et sa soif de connaissance, il approfondit  et intègre toute nouveauté sur le comportement humain. Il m'offre là des clefs pour mieux comprendre ce père, héros de la Commune de Paris, père portant si haut un idéal à mettre hors de portée de la moindre critique, même littéraire.

samedi 23 août 2008, a 15:23
Max et moi, on bouffera les cons

Lui : "  Mon petit Claude, pourquoi es-tu tendre avec moi? "

Moi : " Parceque tu as une belle âme"

Lui :  " Pourtant je suis moche comme un pou qui aurait un bide de goret !"

Moi :  " Les types que je connais ont une âme noire. Bah ! Je t'aime avec ta corne de rhinocéros".

Lui :  " Plutôt un loup... pour  ëtre libre et te défendre ma  chérie. Les

            ventres proéminents des cochons, c'est  les ventres des soldats

            teutonniques, Moi, j'aime trop la liberté. Je veux être loup. Pas cette

            bête à la tête de mort effrayante que ,dans mes rêves, j'imagine

            brune et féroce"

 Moi " Quel bonheur de vivre mon truisme avec toi"

Lui :  " Nous ne serons des bêtes qu'à la pleine lune, des loups avec des

            chapeaux à plumes"

Moi;   " Bah! pour les autres quartiers de lune nous mettrons nos humains

             horipeaux"

Lui;   " Et pour ces quartiers nous irons dire la bonne aventure chez la 

            princesse et les duchesses. On mettra des corsets d'évitement

            sur leurs ventres souvent proéminents.

Moi :  " Et les jours de pleine lune, toi mon beau loup, tu dévoreras les

             cons et on les bouffera ensemble""

samedi 10 mai 2008, a 20:47
Je me suis glissée dans la peau de Claude Chauvière

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Moi, Fulgence Chauvière, bien vivante, je me confonds souvent avec Claude Chauvière née avant 1900. Tant de coïncidences ! tant de similitudes ! L'histoire se répète, de génération en génération.

Je suis heureuse et je chante.

 

" On ne chante juste que dans les branches de son arbre généalogique"

 

 (René Char)

 

 

Colette aime les romans sentimentaux de Claude Chauvière. Aurait-elle aimé mes romans  d'amour ? 

 

Affectueusement elle l'appelle " mon petit Claude "

 

Colette, pleure en lisant la femme de personne. Pourtant Colette ne pleure jamais. Pleurerait-elle en me lisant ?

 

 

Véritable amie, petit Claude perce les secrets intimes de Colette dans une fiction biographique de ma composition où elle dévoile la sensibilité et  la richesse émotionnelle du modèle admiré. Pourtant Colette

est peu sensible aux affects.

 

Je me glisse dans la peau de Claude Chauvière, comme une femme peut le faire. Je ne porte pas que son patronyme.

 

 

 Les écrits de Colette témoignent de la peine ressentie à la mort de Claude, décédée le Vendredi Saint de 1939.

 

 Année difficile pour Colette qui, cette année là, perd aussi Polaire, le contraire de Claude Chauvière.

 

 Pourtant Colette ne montrait guère sa peine devant la mort.

 

 

 

Blog dédié au député Emmanuel Chauvière, au Socialisme Révolutionnaire et à la Commune de Paris.

 

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Blog dédié à la famile Chauvière :

Marin , signataire des Cahiers de Doléances à Saint Hilarion en 1789.

 

Blog dédié au papa de Marin, mon ancêtre Pierre Chauvière qui mangeait de l'herbe dans les champs. Les intempéries et le Roi-Soleil  affamaient mes gueux d'ancêtres.

 

 Blog dédié à Marie Catherine, héroïne des Barricades de 1830;

 

Blog dédié à Auguste Paul, né en 1830, signataire de l'Affiche Rouge de la Commune de Paris. Le prénom Auguste fut donné en l'honneur de Blanqui.

 

Blog dédié à Maria Chauvière, Sainte laïque, mère de Claude, dont une crêche, Avenue Félix Faure, juste en face de chez moi, porte encore le nom.

 

 Blog dédié aux grands parents Sarzeautins de Claude Chauvière et à l'enracinement breton. Beaucoup d'histoires de veillées, façon Pierre Jakez Hélias. Grand père avec son penn-gaz magique. Bâton noueux . Accroché sur son clou. Se balance entre le clou et l'armoire. Fait « Tic-toc »  sur l'armoire quand on meure dans la hameau. On appelle çà un inter-signe. Claude Chauvière avait lu Le Braz.

 

 Dans cette paroisse on dit que, l'Ankou, c'est le dernier mort de l'année. L'année suivante, le revenant avec sa faux rôde dans les maisons. Plus que d'une mort réelle, c'est de l'angoisse dont il est question.

 

 

 Blog dédié aux auteurs et personnalités appréciées par Claude Chauvière, surtout Rémy de Gourmont et Renée Vivien.

 

 Blog dédié aux questionnements de Claude Chauvière. Après l'âme, voilà le corps. Ressembler à Nathalie Barney, être rassurée par Hélène. La quête identitaire n'est pas simple.

 

 J'écris par plaisir, j'aime reconstituer la trame d'une famille dans sa complexité et sa diversité. Ma famille a eu deux députés au cours de ce vingtième siècle, Emmanuel Chauvière, député socialiste révolutionnaire et Bruno Chauvierre( dont le r surnuméraire est un ajout d'état civil datant de 1857, mais il descend bien de Marin et Pierre Chauvière, comme moi, Emmanuel et Claude). Sans marcher exactement sur leurs traces, mon cher cousin Bruno, n'en fit pas moins un stupéfiant parcours intellectuel et politique et, ce n'est peut-être pas fini.

 

 On verse parfois dans la comédie de Boulevard quand le mari de Claude se croise les pattes avec Anatole de Monzie ou les autres Abels maudits : Hermant et Bonnard.

 

Mélange des périodes et des destinées. Comique troupier avec les curieuses mœurs militaires racontées par Hermant et son cavalier Miserey violé par la chambrée.

 

 Pourquoi pas une armée levée dans chaque Commune comme le souhaite  Chauvière dans ses tracts politiques ?

 

 Une armée se gaussant du «  joujou patriotique » , comme Rémy de Gourmont.  Pourquoi Gourmont est-il mort rue de la Convention ? Le mari de Claude s'est tiré en 1931. Colette envahissait trop la vie de sa femme. Elle l'a vu, un matin, se tirer en taxi, rue Rosa Bonheur, avec une riche veuve. Alors elle a écrit :

 

                  « On m'a volé mon Amour »

 

 N'empêche que le premier mari de Claude est un battant. Georges, c'est un reporter. Il va en Chine. Et aussi au bagne. En 1923 Claude court chez Colette 69, Boulevard Suchet. Lui, il fonce chez Drouant. Il a un déguisement. Un chapeau plat sur la tête avec des plumes, comme aurait pu l'écrire Max Jacob. Il balance les résultats du Goncourt à ses copains. Le Renaudot est né. Avec lui dans le jury. C'est Bruno Chauvierre qui a retrouvé cette histoire abracadabrantesque. 

 

 

Parfois, je sors de la peau de Claude Chauvière. Je redeviens Fulgence Chauvière.

 

Je m'incline sur la tombe de Claude, aux côtés de Bruno Chauvierre, fidèle au passé et convaincu que ses songeries assurent l'éternité de nos chers disparus. Je photographie, des lieux où j'ai aussi grandi, particulièrement l'Avenue Félix Faure, le quartier de Javel, où, comme Claude et plus tard Bruno et moi, avons fréquenté l'école publique de la rue Lacordaire. Je n'ai pas toujours suivi Bruno Chauvierre. Il m'inçitait à la révolte, à la désobéissance à nos parents qu'il estimait trop conformes à l'ordre social établi. Je n'ai pas voulu m'exposer comme lui à la simultanéité du divin et du démoniaque. Bruno a choisi de traverser le chaos, pour accomplir sa destinée. Libre à lui, mais son histoire n'en est que plus intéressante, toute en nuances, avec un espace bien à lui, entre la souffrance et la félicité.

 

Je vais et je viens, entre fiction et documents. C'est aussi ça la vie rêvée. Lectrice passionnée d' Hermann Hesse,  je suis plus que jamais une étudiante de l'université imaginaire de Castaldie.

 

 

 

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Mêlant éléments biographiques et imaginaires, je me glisse dans la peau de Claude Chauvière, au plus près de sa relation à Colette.
Fulgence Chauvière

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