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Mon Petit Claude
samedi 22 novembre 2008, a 13:18
Colette écrit à Claude Chauvière
 

Retour à Bénance pour quelques jours. Une lettre de Colette m'y attend

 

 déjà. Conseils sur mon dernier livre Crimes ( à paraître aux Œuvres

 

 Libres) :

 

" Mon petit Claude, quand viens tu ? Je t'espère. Je t'écris parce que j'ai

 

 lu Crimes, et que c'est presque tout le temps très bien, et souvent très

 

 épatant. Ce que je pense, c'est que, à partir du moment où elle

 

 appartient au petit, tu aurais pu la douer d'une sorte d'inconscience, ou

 

 du moins voiler, ne fût-ce que légèrement, et par places, la brutalité

 

 femelle. Le désarroi physique ne va pas sans fléchissement moral,

 

 même passager, à intermittences. Ce qu'il eût perdu en équilibre, ton

 

 personnage l'eût regagné en authenticité sans déranger ta fin. Tu me

 

 comprends ? "

 

jeudi 20 novembre 2008, a 07:54
Colette mange des frites
 

Résumé des épisodes précédents :

 

Après les rêveries de Bénance, Claude Chauvière  revient à Paris par le chemin de fer. Colette souhaite l'engager comme secrétaire. A-t-elle besoin d'une collaboratrice ou d'une admiratrice ?

 Colette chez le couturier, La première aperçoit Colette, se précipite sur elle, secoue sa chevelure bleutée, s'agite dans son costume sombre. «  Venez aux miroirs ! »

propose-t-elle.On s'abandonne aux mains tatillonnes des essayages entre filles ; bas de sport, pyjamas, maillots de laine pour la mer.

 

 

 

Le chauffeur dépose Colette devant l'église Saint Roch. Elle se hâte vers la petite échoppe de la rue du 28 juillet. Chez Gaston, son coiffeur, elle déniche la paix.Sans un mot, le coiffeur s'active. Part chercher du shampoing. Revient avec des bandelettes et des bougies de ferraille.

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Le feuilleton du jour : Colette mange des frites

 

Toujours chez le coiffeur

 

Toujours détendue

 

Elle déjeune.

 

Calée dans son fauteuil.

 

Plateau sur les genoux.

 

Tête enroulée d'une serviette.

 

Victuailles parmi les brosses les lotions et les boîtes :

 

Victuailles : pommes frites,escalope, oranges ; pinard.

 

Les voix de Gaston et de Colette s'élèvent d'un ton :

 

« Qu'est-ce que vous pensez de mon petit bordeaux-là, Madame

 

Colette ?

 

- Il est fruité mon cher Gaston

 

- Oui Madame, fruité par la passion

 

Rôt de plaisir de la gourmande satisfaite. Elle est servie, se tourne vers

 

 moi, réfléchit profondément, prend sa respiration et me dit : « Ils sont

 

 humains ces gens là ». Elle se penche sur son fauteuil pour les

 

 regarder : ils mangent dans la cuisine.

 

 

 

 

 

mercredi 19 novembre 2008, a 22:09
Colette chez son coiffeur
 

Résumé des derniers épisodes :

 

Après les rêveries de Bénance, Claude revient à Paris par le chemin de fer. Colette souhaite l'engager comme secrétaire. A-t-elle vraiment besoin d'une collaboratrice ?

Entre deux jardins du Boulevard Suchet, l'hôtel particulier a le charme

des maisons closes. Chambre à coucher aux murs de batik ocre et noir...

Colette fait des courses. Claude l'accompagne.

Comme chez elle, oui, chez G.P. , elle est comme chez elle.

On y parle mœurs du temps .

On s'abandonne aux mains tatillonnes des essayages entre filles ; bas de sport, pyjamas, maillots de laine pour la mer.

 

Dernier épisode : Colette chez son coiffeur

 

Le chauffeur dépose Colette devant l'église Saint Roch. Elle se hâte

 

 vers la petite échoppe de la rue du 28 juillet. Chez Gaston, son coiffeur,

 

 elle déniche la paix. Chez Gaston, elle dort pendant qu'on lui polit les

 

 ongles. Détente. Elle vient dans cette sombre arrière- boutique depuis

 

 plus de vingt ans. Elle est sûre que Gaston voit encore en elle la jeune

 

 campagnarde débarquée à Paris. Chez lui, elle ressent le bien être des

 

 gens de peu, la vraie détente du trimard recru. La bête se repose à

 

 l'écurie.

 

Sans un mot, le coiffeur s'active. Part chercher du shampoing. Revient

 

 avec des bandelettes et des bougies de ferraille. Colette, front incliné

 

 sur le lavabo de porcelaine, roupille. Elle frissonne. Le coiffeur pose

 

 sur ses épaules de lutteuse un peignoir de coton blanc. Pas de décor.

 

 Pas de corvée de représentation. Pas de rôle. Elle dort.

 

L'importun entre dans le salon de Gaston. Mimique de surprise.

 

 Maintenant il s'enquiert : « C'est ça Colette ? » Le coiffeur lui fait signe

 

 de se taire. L'homme vient prendre un rendez vous pour sa fille ;

 

 scandalisé il continue :  « La dame qu'on teint. - Est-ce possible ? Est-

 

ce permis ? »

 

Claude, la secrétaire, dans un dîner officiel s'est vue questionnée par

 

 des personnages factices et conventionnels : « Pourquoi elle a

 

ces idées là ? »

 

L'épicière souhaite Colette svelte.

 

Le pharmacien la veut morbide.

 

La fleuriste pense qu'elle lui ressemble.

 

Dans une soirée, un snob, pathétique et définitif a dit : «  Je l'adore ». Il

 

 ne saura jamais pourquoi !

 

Colette se réveille. Gaston ferme boutique. Colette va manger ce qu'il

 

 lui a préparé

jeudi 06 novembre 2008, a 17:02
les feux de la Saint Jean
 

Afficher l image en taille réellePromenade nocturne. Souvenir d'une chanson de grand'mère :

 

 

" Le jour de la Saint- Jean de feux,

 

Autour des fagots j'ai tant dansé,

 

Que j'ai mon soulier déchiré,

 

Trou la lirette,

 

Trou la Liré,

 

Our bateau braz y hez harrihuet,

 

Tri damesiles hih douh guelet,

 

Matelots pequemen gueret, "

 

 

C'est beau comme mère -grand parlait  à Bénance !

 

 

mardi 04 novembre 2008, a 21:52
Entre Néret et Truscat : le trou du diable
 

Liane a ravivé chez moi une certaine poésie, celle de Renée Vivien. Liane partie, je reste avec mes poèmes. Les chemins de mon enfance estivale et marine me conduisent entre Néret et Truscat. Plongée dans l'antique forêt de la presqu'île, je m'imagine.

 Couëtdihuel... c'est le nom celtique de cette forêt.

Plus près de nous, les histoires de nos anciens évoquent le trou du diable, près du fossé du château. Son propriétaire, le Marquis de Breuilpont, demande aux promeneurs de se signer à l'approche du trou.

Ils le font et les korrigans... 

 

100_0991.JPG

mardi 04 novembre 2008, a 10:34
Envol
 

 

medium_MIGRATION.jpg

Ciel au couchant quand la mer se retire

 

Ciel d'opale gris et mes chaussures mouillées de pluie

 

Entre le Ruault et Bénance, les oiseaux migrateurs font du boucan

 

Puis vers dix huit heures, hier soir : l'envolée

lundi 03 novembre 2008, a 17:20
Plus beau que neige
 

swansepia-1.jpg

Le monde du vent au Nord souffle sur les ailes des cygnes

ailes déployées ave un battement magnanime

l'écume argente leur plumage

plus beau que neige

 

le monde du vent au Nord dérive vers les aurores boréales

où vont mes cygnes au vol puissant sonore et magnanime

mais toi malheureusement tu ne les entends pas

tu  préfères écouter la brise du soir

à Bénance  ojmd5747.jpg

lundi 03 novembre 2008, a 15:50
D'abord mon pays fut Svanhild
 

 

 

D'abord mon pays fut Svanhild

puis un fjord

Une brise

puis le brouillard

 

un cygne

une aile

un don

une vie

fjord.jpg

mon pays fut la terre

o! blancheur

écume

étincellement imprévu des poissons

 

mon pays fut aux limites du couchant :

rires des jeunes filles en costumes de paysannes

immobile et contemplative j'attends le retour des cygnes sauvages

la barque des jeunettes glissent sur le fjord en bercement tranquille

 

mon pays fut le toit de mousse

une fleur bleue et dorée

une pose

 

un signe

 

mon pays fut traversé de routes magnifiquement larges

comme l'horizon

comme l'aurore

comme la neige

 

Mon pays fut

Perdu dans le crépuscule

Avec ses ailes déployées vers les abîmes

Un monde aux chemins périlleux quand la brume tombe des sommets

 

swansepia-1.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Svanhild de calme apparence posée là

Sur le sol comme un tapis de clochettes bleues

Thym et gentiane

Attendre le retour des cygnes sauvages sur la mousse aux fleurs bleues

Lantes, les femmes descendent du glacier

Neige aveugle comme le soleil

Les cygnes sauvages revenus ce jour, vingt après ta naissance

Reposent sur le toit qui te vit naître pour les fjords

J'ai mal de l'amour blanc

J'aime la blancheur O

O don de la vie dans son printemps

Suivre les cygnes sauvages, je t'appelle O

Bonheur des barques glissant sur le fjord avec des paysannes ramant en

Chantant

La blancheur

 

Blancs nuages au dessus du fjord

D'abord mon pays fut Svanhild

puis un fjord

Une brise

puis le brouillard

un cygne

une aile

un don

une vie

mon pays fut la terre

o! blancheur

écume

étincellement imprévu des poissons

mon pays fut aux limites du couchant :

rires des jeunes filles en costumes de paysannes

immobile et contemplative j'attends le retour des cygnes sauvages

la barque des jeunettes glissent sur le fjord en bercement tranquille

mon pays fut le toit de mousse

une fleur bleue et dorée

une pose

un signe

mon pays fut traversé de routes magnifiquement larges

comme l'horizon

comme l'aurore

comme la neige

Mon pays fut

Perdu dans le crépuscule

Avec ses ailes déployées vers les abîmes

Un monde aux chemins périlleux quand la brume tombe des sommets

 

 

Svanhild de calme apparence posée là

Sur le sol comme un tapis de clochettes bleues

Thym et gentiane

Attendre le retour des cygnes sauvages sur la mousse aux fleurs bleues

Lantes, les femmes descendent du glacier

Neige aveugle comme le soleil

Les cygnes sauvages revenus ce jour, vingt après ta naissance

Reposent sur le toit qui te vit naître pour les fjords

J'ai mal de l'amour blanc

J'aime la blancheur O

O don de la vie dans son printemps

Suivre les cygnes sauvages, je t'appelle O

Bonheur des barques glissant sur le fjord avec des paysannes ramant en

Chantant

La blancheur

 

Blancs nuages au dessus du fjord

D'abord mon pays fut Svanhild

puis un fjord

Une brise

puis le brouillard

un cygne

une aile

un don

une vie

mon pays fut la terre

o! blancheur

écume

étincellement imprévu des poissons

mon pays fut aux limites du couchant :

rires des jeunes filles en costumes de paysannes

immobile et contemplative j'attends le retour des cygnes sauvages

la barque des jeunettes glissent sur le fjord en bercement tranquille

mon pays fut le toit de mousse

une fleur bleue et dorée

une pose

un signe

mon pays fut traversé de routes magnifiquement larges

comme l'horizon

comme l'aurore

comme la neige

Mon pays fut

Perdu dans le crépuscule

Avec ses ailes déployées vers les abîmes

Un monde aux chemins périlleux quand la brume tombe des sommetsFjord.jpg

 

Ce soir mon pays c'est Bénance

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

lundi 03 novembre 2008, a 09:23
Poème : le retour des cygnes sauvages
 

 

                RETOUR  DES  CYGNES  SAUVAGES

 

 

Swanhild de calme apparence posée là

 

Sur le sol comme un tapis de clochettes bleues

 

Thym et gentiane

 

Attendre le retour des cygnes sauvages sur la mousse aux fleurs

 

bleues

 

Lantes, les femmes descendent du glacier

 

Neige aveugle comme le soleil

 

Les cygnes sauvages revenus ce jour, vingt après ta naissance

 

Reposent sur le toit qui te vit naître pour les fjords

 

J'ai mal de l'amour blanc

 

J'aime la blancheur O

 

O don de la vie dans son printemps

 

Suivre les cygnes sauvages, je t'appelle O

 

Bonheur des barques glissant sur le fjord avec des paysannes ramant

 

 en

 

Chantant

 

Ta blancheur

 

Comme à Bénance

 

 

 

 

 

La blancheur

dimanche 02 novembre 2008, a 19:28
Poème pour Renée Vivien ( suite )
 

oui, le temps de l'amour,

ReneeVivien.jpg

mon amour,

 

mon amour suspendu du temps de tous les jours,

 

j'étais le jardin d'autrefois et celui de ce jour immobile, immobile,

 

comme l'arbre vivant et l'arbre mort,

 

je me souviens,

 

notre amour n'eut pas d'autres lieux,

 

Renée, ta parole comme plainte que déplace le vent,

 

avec le mouvement de l'air au lieu de celui des gestes,

 

sauf celui de Justine derrière le battant de la porte,

 

avec le gobelet d'eau laiteuse à peine troublée ,

 

toujours renouvelée,

 

mais déghouthantes admiratrices ne le disaient pas,

 

sauf Coletthe

 

à qui tu flanques l'h anglais à toutes les dentales

 

je m'adlocutais de ton incarnation :

 

 Jane Grey à la nuque blanche,

 

je me terrorisais de ton supplice,

 

à te voir, flot de cheveux blonds sur le billot,

 

cheveux de Renée : paille fine

 

tendre fossette du menton effacée, pourquoi ?

 

tu dis que ton existence est pure emmerdation

 

et tu meurs avant trente ans

 

 

 

 finie ta belle phrase de vie

 

de Bénance je t'écris .

 

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monpetitclaude

Mêlant éléments biographiques et imaginaires, je me glisse dans la peau de Claude Chauvière, au plus près de sa relation à Colette.
Fulgence Chauvière

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