Colette fut intéressée par mon propos sur les grues et l'intelligence (mon dernier post)
Lecture des aphorismes de Rémy Gourmont, du 29 mai 1915, « Effets », tristes effets :
La guerre a augmenté la sensibilité aux dépens de l'intelligence.
L'ironie a disparu de la littérature écrite et l'ironie est le signe de la sécurité intellectuelle.
L'inquiétude, le chagrin, la misère sont tombés à dose inégale sur tous les hommes : ce sont les hommes d'esprit qui ont le plus mal résisté.
Cela me fait rire, le malade en marche vers la soixantaine, qui espère guérir, retrouver ses forces l'an prochain. Cela me fait rire quand cela n'est pas moi-même.
Rémy de Gourmont mourut peu après à l'hôpital Boucicaut ( dans mon quartier.)
Il conserva son ironie, jusqu'au terme de sa vie, surtout à l'égard de lui-même.
Madame Colette me demanda de retrouver ce qu'il écrivit sur l'intelligence.
Elle souhaita m'occuper, délaissée que je fus, par Hermant et Monzie, trop occupés de Politique.
Colette ironisa sur l'absence de Georges Le Fèvre mon journaliste de mari, toujours en reportage.
Colette déclara sans solennité : " ya du gaz dans l'conjuguo "
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Bruno Chauvierre, fin connaisseur de l'oeuvre de Rémy de Gourmont, m'a beaucoup aidée dans cette partie de ma fiction. Avec Renaud Rosset, dès les années 1962, il composait de façon artisanale une petite série, vaniteusement intitulée" Les Cahiers de Rémy de Gourmont", dans laquelle il se targuait d'avoir décelé la forme d'intelligence la plus subtile de la littérature française. Ces cahiers ont disparu dans l'un des incendies qui émaillèrent sa vie agitée. Il lui reste, et il me les a montrés, ses petits carnets, du moins ceux qu'il a sauvés des trente deux domiciles successifs que je lui ai connus. Ces carnets qui amusaient Renaud Rosset, calligraphiés à la plume sergent-major, un peu délavés par l'eau de divers sinistres, m'ont plongé dans un univers étrangement anti-militariste et anti-syndical. Ce que Bruno Chauvierre écrit sur le joujou patriotique et sur les grévistes ripolineurs, fut l'occasion de belles rigolades avec Renaud Rosset, rencontré au mariage de Bruno dont il était le témoin. Renaud Rosset considérait Chauvierre comme intellectuellement anarchiste.
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