Dans la chambre mortuaire de papa, une armoire à glace.
Je ne me reconnais plus dans aucune glace.
L'image du miroir, pour les gens, c'est comme un autre soi-même.
Un double de soi.
Une image de soi.
Même que les petits cherchent qui se cache derrière la glace. Je n'ai plus de double. Plus d'image de moi, depuis que mon jumeau est mort. Je ne me reconnais plus.

Je ne reconnais plus mon père. Cheveux, barbe et moustache sont secs comme des postiches.
Pas du vrai papa.
Paupières bleuies, bras raides et tendus, poings serrés. Papa devenu marionnette d'un jeu de massacre.
A la place de ses chaussures, deux petits sacs de toile blanche. Ses pieds d'hommes libres enfermés par une infirmière.
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Bruno Chauvierre m'a dans ma recherche sur les jumeaux. Son patron de recherches, René Zazzo, se rendit célèbre par un ouvrage intitulé " Les jumeaux, le couple et la personne"
Le cousin Chauvierre m'a appris qu'au delà de la question gémellaire, c'est de l'identité de la personne dont il s'agit. Vivre en couple, cette quête si difficile de toute une vie est donnée d'emblée aux jumeaux. Alors, quand Claude Chauvière perd son jumeau, elle perd aussi une capacité de vivre en couple qu'elle ne retrouvera plus jamais, sauf peut-être avec Colette, du moins l'a-t-elle cru.
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