Liane de Pougy, me rend visite à Bénance.
Devant chaque paysage du golfe, elle en appelle à Max.
Il lui manque.
Ce 20 Août 1922, sa retraite à Saint Benoit sur Loire se prolonge.
Liane, convaincue de l'originalité des paysages de la Presque'île de Rhuys, l'engage à composer un nouveau recueil de chants celtiques.
Eblouie par l'avancée de Bénance dans le golfe, elle compare la pointe à un doigt de terre, peuplé de druides, pourtant la pointe est seulement plantée d'un unique insignis !
Insatiable naturaliste, Liane avec un dessin, vite jeté sur son petit carnet bleu, place la pointe de Bénance au même niveau que les mamelons boisés de Truscat et Ruaud.
Du haut du Chemin des Vignes elle s'extasie sur la pêche des mouettes plongeant dans l'eau scintillante du Golfe. Dans un mois ou deux, les bernaches participeront à la pêche miraculeuse (je le lui dis).
Promenade sur la plage toute proche de ma petite maison.
Repos à l'ombre des tamaris prisés par nos vieux voisins. Leurs parents s'y protégeaient déjà du soleil d'été.
Petite conversation sous les frondaisons :
Elle: Le golfe, c'est mon premier amour
Moi: Je croyais que c'était Natalie Barney ?
Elle : ( sourires ) J'étais au Couvent de Sainte Anne d'Auray. Les bonnes sœurs nous emmenaient à l'île d'Ars… en face d'ici ( du doigt elle montre Ars derrière Bailleron). Max dit que j'aurais dû me faire bonne sœur.
Moi: Et pourquoi donc ?
Elle : Pour pas que mon mari me foute une balle dans le cul.
J'étais jeune.
J'avais le feu partout.
Le cornard m'a tirée comme y pouvait
Diane a conservé son franc parler des Folies Bergères.
Ca ne l'empêche pas d'être spécialisée dans les Princes.
Le premier, ce fut le Prince de Galles qui la couvrit de bijoux.
Le dernier en date, son mari le Prince Ghika est lui aussi très généreux. |