Après le bal on boit un drink au boeuf sur le toit . on y retrouve Maurice Sachs.
C'est son rade.
Il écrira un livre.
Ensuite, petit hôtel de la rue des Moulins, près du Palais Royal.
Toulouse Lautrec y avait ses habitudes .
La chambre qu'il occupa nous est réservée.Rien n'a changé. Miroirs coquins et velours moiré. Seules les filles sont parties. Coupe de champagne avant la chambre.
Couples vautrés sur les canapés. Enlacements impudiques.
La jeunesse pousse en moi un appel éperdu.
Lot d'étreintes et de mensonges.
"Claude, Je t'aime". Embrassades à côté d'un autre couple. " Oui" dis-je
en me serrant davantage contre lui. Confiance. Yeux fermés. Confiance totale ? Non.
" Claude, à quoi penses tu ?"
Silence.
"Je ne pense pas, j'entends le bruitde la mer; nous sommes dans ma maison du bonheur. Pas dans un bordel."
Récemment, mon cousin Bruno Chauvierre qui habite rue Thérèse, non loin de la rue des Moulins, m'a fait visiter les lieux où Toulouse Lautrec s'illustra. Le cousin, actuellement, se livre à une curieuse activité qui le conduit à faire régulariser des sans-papiers et à leur trouver de l'embauche en les accompagnant personnellement chez des dirigeants d'entreprise de ses amis. Curieuse activité, car effectuée dans la plus grande discrétion, quasi- secrètement, comme s'il craignait que son image ne s'améliore.
Anatole est charmant , les femmes Chauvière, Claude et Fulgence vous le disent !
Pardi ! il s'ennuie un peu depuis qu'il n'est plus Ministre . Bah ! Moi, Claude Chauvière, née juste avant 1900, je suis convaincue qu'il retrouvera bientôt un maroquin.
Anatole me sort de ma tristesse.
Il me plonge dans le Paris des années folles. Garçonnes au cheveux courts. Vitesse grisante des automobiles. Soirées à la Coupole et à la Revue Nègre où le tango précède toujours le Jazz. Les jeux de lumière avec leurs lanternes oranges ou bleues éclairent les lamés, dentellesmétalliques et franges, satins et mousselines brodés de perles, pierreries, plumes et stass. Ma jupe est au dessus du genoux.
Anatole me dit que je ressemble à Clara Bow.
Papa lui a dit de veiller sur moi.Je suis souvent si triste.
Moi la Femme de Personne. Même mon mari ne m'aime pas. Il préfère courir le Monde comme reporter. Georges Le Fèvre est un courant d'air; Il est dans le vent . Le vent de Georges. Il connait André Citroën et Colette. Il passe à toute vitesse dans notre appartement de la rue Rosa Bonheur.
Anatole voue une sincère reconnaissance à papa.
Collaborateur du petit père Combes.
Collaborateur et encore collaborateur
il recueillait auprès de papa des conseils pour spolier le clergé.
Faire la peau aux curés était pour mon père une obsession et un thème de chaquecampagne électorale.
Ancien communard .
Arrêté les armes à la main.
Mon père , héros blanquiste,. Il me délaissa.
Député de Javel de 1893 à 1910
Chantre de l'unité socialiste. Estimé par les modéréscomme Jaurès. Plus encore par les guesdistes .Efforts pour réunir une famille déchirée. Réseau révolutionnaire. Anatole y bouffe du curé; Plus tard il changera.
Pas de soirée sans parler de papa.
On est bien ensemble .
Précieux conseils littéraires. Mon livre s'appellera la femme depersonne.
Il m'aime .
C'est un ami de Willy, Jouvenel et Colette.
Je l'accompagne rarement dans ses transgressions. Je suis trop malheureuse. Propositions souvent glauques.Politiciens frelatés pas loin de lui. Ainsi Darquier ( qui se dit de Pellepoix ).
Il partage avec ce mythomane, une garçonnière. Je n'y vais pas. Moi je ne partage pas; Même si depuis Natali Barney je suis plutôt une amphibie.
Moi, Fulgence Chauvière, née juste avant 1900, je rêve de Nathali Barney. Jean Chalon prépare aussi un livre sur les rêves qu'il fait avec Nathali, comme partenaire. Ce n'est pas aussi beau qu'un rêve de femme.
Je ne sais plus très bien si je suis Claude ou Fulgence. Ce que je sais, c'est que je ne transgresse pas comme mon cousin Bruno Chauvierrequi, en mai 1968, faisait le coup de main avec les maoïstes, justifiant sa conduite en la comparant à l'attaque d'Emmanuel Chauvière, en 1870, contre la caserne des pompiers du XVIIème arrondissement. Il y eut un mort dans ce coup de main blanquiste où Chauvière fut sévèrement dénoncé par Rochefort. La bavure dans l'action. tradition de famille ?
Moi, Fulgence Chauvière, bien vivante, je me confonds souvent avec Claude Chauvière née avant 1900. Tant de coïncidences ! tant de similitudes ! L'histoire se répète, de génération en génération.
Je suis heureuse et je chante.
" On ne chante juste que dans les branches de son arbre généalogique"
(René Char)
Colette aime les romans sentimentaux de Claude Chauvière. Aurait-elle aimé mes romans d'amour ?
Affectueusement elle l'appelle " mon petit Claude "
Colette, pleure en lisant la femme de personne. Pourtant Colette ne pleure jamais. Pleurerait-elle en me lisant ?
Véritable amie, petit Claude perce les secrets intimes de Colette dans une fiction biographique de ma composition où elle dévoile la sensibilité et la richesse émotionnelle du modèle admiré. Pourtant Colette
est peu sensible aux affects.
Je me glisse dans la peau de Claude Chauvière, comme une femme peut le faire. Je ne porte pas que son patronyme.
Les écrits de Colette témoignent de la peine ressentie à la mort de Claude, décédée le Vendredi Saint de 1939.
Année difficile pour Colette qui, cette année là, perd aussi Polaire, le contraire de ClaudeChauvière.
Pourtant Colette ne montrait guère sa peine devant la mort.
Blog dédié au député EmmanuelChauvière, au Socialisme Révolutionnaire et à la Commune de Paris.
Blog dédié à la famile Chauvière :
Marin , signataire des Cahiers de Doléances à Saint Hilarion en 1789.
Blog dédié au papa de Marin, mon ancêtre Pierre Chauvière qui mangeait de l'herbe dans les champs. Les intempéries et le Roi-Soleil affamaient mes gueux d'ancêtres.
Blog dédié à Marie Catherine, héroïne des Barricades de 1830;
Blog dédié à Auguste Paul, né en 1830, signataire de l'Affiche Rouge de la Commune de Paris. Le prénom Auguste fut donné en l'honneur de Blanqui.
Blog dédié à Maria Chauvière, Sainte laïque, mère de Claude, dont une crêche, Avenue Félix Faure, juste en face de chez moi, porte encore le nom.
Blog dédié aux grands parents Sarzeautins de Claude Chauvière et à l'enracinement breton. Beaucoup d'histoires de veillées, façon PierreJakez Hélias. Grand père avec son penn-gaz magique. Bâton noueux . Accroché sur son clou. Se balance entre le clou et l'armoire.Fait « Tic-toc » sur l'armoire quand on meure dans la hameau. On appelle çà un inter-signe. Claude Chauvière avait lu Le Braz.
Dans cette paroisse on dit que, l'Ankou, c'est le dernier mort de l'année. L'année suivante, le revenant avec sa faux rôde dans les maisons. Plus que d'une mort réelle, c'est de l'angoisse dont il est question.
Blog dédié aux auteurs et personnalités appréciées par Claude Chauvière, surtoutRémy de Gourmont et Renée Vivien.
Blog dédié aux questionnements de Claude Chauvière. Après l'âme, voilà le corps. Ressembler à Nathalie Barney, être rassurée par Hélène. La quête identitaire n'est pas simple.
J'écris par plaisir, j'aime reconstituer la trame d'une famille dans sa complexité et sa diversité. Ma famille a eu deux députés au cours de ce vingtième siècle, Emmanuel Chauvière, député socialiste révolutionnaire et Bruno Chauvierre( dont le r surnuméraire est un ajout d'état civil datant de 1857, mais il descend bien de Marin et Pierre Chauvière, comme moi, Emmanuel et Claude). Sans marcher exactement sur leurs traces, mon cher cousin Bruno, n'en fit pas moins un stupéfiant parcours intellectuel et politique et, ce n'est peut-être pas fini.
On verse parfois dans la comédie de Boulevard quand le mari de Claude se croise les pattes avec Anatole de Monzie ou les autres Abels maudits : Hermant et Bonnard.
Mélange des périodes et des destinées. Comique troupier avec les curieuses mœurs militaires racontées par Hermant et son cavalier Miserey violé par la chambrée.
Pourquoi pas une armée levée dans chaque Commune comme le souhaite Chauvière dans ses tracts politiques ?
Une armée se gaussant du « joujou patriotique » , comme Rémy de Gourmont. Pourquoi Gourmont est-il mort rue de la Convention ? Le mari de Claude s'est tiré en 1931. Colette envahissait trop la vie de sa femme. Elle l'a vu, un matin, se tirer en taxi, rue Rosa Bonheur, avec une riche veuve. Alors elle a écrit :
« Onm'a volé mon Amour »
N'empêche que le premier mari de Claude est un battant. Georges, c'est un reporter. Il va en Chine. Et aussi au bagne. En 1923 Claude court chez Colette 69, Boulevard Suchet. Lui, il fonce chez Drouant. Il a un déguisement. Un chapeau plat sur latête avec des plumes, comme aurait pu l'écrire Max Jacob. Il balance les résultats du Goncourt à ses copains. Le Renaudot est né. Avec lui dans le jury. C'est Bruno Chauvierre qui a retrouvé cette histoire abracadabrantesque.
Parfois, je sors de la peau de Claude Chauvière. Je redeviens Fulgence Chauvière.
Je m'incline sur la tombe de Claude, aux côtés de Bruno Chauvierre, fidèle au passé et convaincu que ses songeries assurent l'éternité de nos chers disparus. Je photographie, des lieux où j'ai aussi grandi, particulièrement l'Avenue Félix Faure, le quartier de Javel, où, comme Claude et plus tard Bruno et moi, avons fréquenté l'école publique de la rue Lacordaire. Je n'ai pas toujours suivi Bruno Chauvierre. Il m'inçitait à la révolte, à la désobéissance à nos parents qu'il estimait trop conformes à l'ordre social établi. Je n'ai pas voulu m'exposer comme lui à la simultanéité du divin et du démoniaque. Bruno a choisi de traverser le chaos, pour accomplir sa destinée. Libre à lui, mais son histoire n'en est que plus intéressante, toute en nuances, avec un espace bien à lui, entre la souffrance et la félicité.
Je vais et je viens, entre fiction et documents. C'est aussi ça la vie rêvée. Lectrice passionnée d' Hermann Hesse, je suis plus que jamais une étudiante de l'université imaginaire de Castaldie.