Rencontré Jean Jaurès. Amertume de la défaite. Le siège de mon père, perdu par la traîtrise des Radicaux Socialistes. Au deuxième tour, Chérioux, leur candidat battu, a fait reporter ses voix sur le réactionnaire clérical d'Aramon.
Devant Vaillant, Jean Jaurès marmonne : « rien ne peut remplacer le travail dans une circonscription »
Vaillant lisse sa barbe. Perplexe, mais prolixe : « Personne ne connaissait le citoyen de Pressenssé, notre candidat. Mais pourquoi donc auraient-ils voté pour un inconnu au nom d'aristo ? Moi, je te le dis, on ne retrouvera pas ce siège, même avec la proportionnelle ; il ne reviendra auxsocialistes qu'avec une présence militante et un candidat militant »
Jaurès se tourne vers moi, passe sa main dans mes cheveux avec son bon sourire : « Personne ne pouvait remplacer ton papa ! »
Emouvant, mais dans l'affaire Vaillant fut meilleur politique.
( Edouard Vaillant avait tellement raison que la circonscription ne revint à Gauche que plus de 90 ans après avec Anne Hidalgo. )
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