Le papier bleu de Colette me sauve.
Ma raison se perdait entre Dieu, les folies de l'homme-dolmen, les méditations matinales, les jeunes femmes des baraquements d'Ecrouves
Colette m'a écrit.
Grandes arabesques sur l'enveloppe.
Elle demande où je suis !?
Elle fait l'innocente, elle, qui me néglige depuis longtemps.
« Où es-tu, petit Claude , M'as-tu désertée à jamais ?
Je reviens de Norvège, et je travaille à quelque chose de damnement difficile, dans une odeur d'automne et une forêt riche de gibier. »(Colette, Firmin-Didot, page 212)

Je me fais avoir.
Quand je reçois son papier bleu, j'accours.
Elle me sauve de ce vide. Je ressens profondément un manque-à-être.
Loin d'elle, j'étouffe.
Plaisir de respirer Colette, dans l'antichambre mystérieuse du 69 Boulevard Suchet. C'est tiède. C'est parfumé. C'est généreux. Colette emporte avec elle cette atmosphère qui m'envoûte. Mais c'est dans l'antichambre du 69 que je chavire le plus. |