Chère Madame,
Ile d'Arz chez ma cousine Marie.

Hilluric avec 20 habitants chez mon oncle :

Seul le bruit d'un pas, dans la cour, le matin nous réveille.
Pas de loup pour des filles aux aguets. C'est le facteur. Il pose sa bicyclette sur la grille rouillée et grinçante. Sa voix sifflante perce les tympans. Voix de castra. Il déclame : « Courrier de Paris, Ministère. » Il a mis sa discrétion en bière , depuis la mort de sa mère, le 30 décembre de l'année dernière. Anne, sa mère, Ankou du village, revenante protégée, vient souvent chez sa fille, ma cousine. C'est ce que pense Maria. Je vais lui prêter le penn-gaz de pépère, dont elle est aussi la petite fille. Le bâton magique la protègera. Les revenantes devraient rester au ciel .
Je médite ;
« Ô mon Dieu, donnez la paix à votre servante, Anne la vaillante, installez là au ciel, dans sa ferme de Billihervé . Je sais que vous donnez le choix. Au ciel se reconstitue le décor aimé. Moi, vous le savez, j'ai choisi ma petite mer, entre Truscat et Bénance »
Marie, vient de l'Île-Hur, petit bout de terre sur l'eau. Avec du blé, de l'avoine, du seigle et de la vigne. Des canots à voile,
débarquent à la cale du Ruault les richesses des vingt Îliens. Au Paradis on ne sera pas loin l'une de l'autre.On aura peut être les barriques de vin des canots
Madame Colette, vous verrez que sur la photo, je suis près de la cale du Ruault.

Moi, continentale. Elle, Îlienne.
Madame Colette, je vous embrasse avec tendresse
Votre petit Claude
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