oui, le temps de l'amour,

mon amour,
mon amour suspendu du temps de tous les jours,
j'étais le jardin d'autrefois et celui de ce jour immobile, immobile,
comme l'arbre vivant et l'arbre mort,
je me souviens,
notre amour n'eut pas d'autres lieux,
Renée, ta parole comme plainte que déplace le vent,
avec le mouvement de l'air au lieu de celui des gestes,
sauf celui de Justine derrière le battant de la porte,
avec le gobelet d'eau laiteuse à peine troublée ,
toujours renouvelée,
mais déghouthantes admiratrices ne le disaient pas,
sauf Coletthe
à qui tu flanques l'h anglais à toutes les dentales
je m'adlocutais de ton incarnation :
Jane Grey à la nuque blanche,
je me terrorisais de ton supplice,
à te voir, flot de cheveux blonds sur le billot,
cheveux de Renée : paille fine
tendre fossette du menton effacée, pourquoi ?
tu dis que ton existence est pure emmerdation
et tu meurs avant trente ans
finie ta belle phrase de vie
de Bénance je t'écris .
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