Les longues mains tâtonnantes de Renée Vivien

se tendent vers ses amies.
Elle offre ce qu'elle a de plus beau.
Les bracelets s'ouvrent sur ses bras comme par enchantement.
Renée Vivien, rencontrée une seule fois en 1908, à mes débuts dans le journalisme. Son bracelet se retrouve sur mon bras et je ne peux dire non.
Elle m'appelle « fleur blonde » et confesse à voix basse, le beau poème dédié jadis à Natalie Barney
( L'infidèle Natalie a séduit Liane de Pougy en revêtant un costume de page pour se déclarer - la scène date de 1899-)
« Ton rire est clair, ta caresse est profonde,
Tes froids baisers aiment le mal qu'ils me font
Tes yeux sont bleus comme un lotus sur l'onde,
Et les lys d'eau sont moins purs que ton front ;
Ta forme fuit, ta démarche est fluide,
Et tes cheveux de légers réseaux ;
Ta voix ruisselle ainsi qu'un flot perfide ;
Tes bras souples sont pareils aux roseaux,
Aux longs roseaux des fleuves, dont l'étreinte
Enlace, étouffe, étrangle savamment,
Au fond des flots, une agonie éteinte
Dans un nocturne évanouissement. »
( Ondine ) |