Que Proust éprouve son plaisir dans l'attente d'une rencontre sans cesse différée, ne nous étonne pas. Au fond quand il fait attendre Max Jacob et Picasso, pour finalement se décommander, c'est peut être plus pour ressentir cette forme insolite de plaisir, qu'à cause d'une grosse fatigue ou d'un petit éternuement. En a-t-il vraiment conscience? La psychanalyse qui en est à ses balbutiements, nous expliquera peut être que le lapin de Proust n'est qu'un acte manqué, une sorte de mécanisme de défense du moi. Conscient de ses actes ou inconscient, notre Proust qui s'introspecte tant dans son oeuvre ? Ni l'un ni l'autre, je crois . J'oserai même dire que l'introspection le fait accéder à un niveau préconscient. Je veux dire par là qu'il parvient bien à s'analyser, à jouir narcissiquement du plaisir de se dénuder à ses propres yeux, mais qu'il ne sait pas pourquoi il s'est mis à poil ! Pour vraiment comprendre, s'allongera-t- sur le divan du Docteur Freud? En ce 22 Mai 1922, on n'en sait encore rien . Mais qu'il
appronfondisse, à l'avenir, ses instances moïques chez Freud ne me surprendrait pas.
Le père de la psychanalyse dirait-il quechez Proust le Principe de Plaisir
fonctionne à donf ? Je le pense. Je crois aussi qu'à propos de Joyce, il évoquerait l'importance des pulsions du çà dans l'équilibre du moi. Dans Ulysse, il y a tant de sources d'excitation ( alimentaires, alcooliques, sexuelles etc), que Freud pourrait bien conseiller à Joyce de diminuer, de parer, l'exagération de son état excitationnel. En quelques mots, disons qu'il pourrait illustrer avec le cas de Joyce, son concept de pare-excitation.
Sans doute faudra-t-il attendre encore quelques années pour que les critiques littéraires lisent des écrivains, comme Proust et Joyce, à la lumière de la psychanalyse. Mais qu'y gagnera-t-on ? Joyce n'y perdra-t-il pas, ce bel appêtit, dont il est maintenant question.
Bien plus tard, Philippe Sollers lira les fantasmatiques appels de Joyce à la masturbation de son "conjuguo" .
Le pigiste larron écrit le jeudi 25 septembre 2008, A 22:01
"Ecoute et apprends!" aurait dû me dire mon père alors que j'étais enfant car c'est à ce moment de ma vie que j'avais encore une chance de m'"élever" et de comprendre, en partie du moins, ce que je suis faire dans ce monde qui me ressemble si peu!
Seulement il faut faire avec. Ou sans.
Faire avec c'est aussi faire le tri. Trop tard et tout seul.
Il ne reste, finalement, qu'un sentiment de gâchis et le principe du plaisir sans pare-excitation.
Enfin!