Max Jacob transmets des intuitions. Revenue chez moi, Avenue Félix Faure, je vais droit sur le Cornet à dés recueil de poèmes de Max. Poèmes en prose qui s'ouvrent sur deux textes intitulés 1914. Je relis le second :
Son ventre proéminent porte un corset
d'éloignement. Son chapeau à plumes
est plat ; son visage est une effrayante tête
de mort, mais brune et si féroce qu'on croirait
voir quelque corne de rhinocéros ou dent
supplémentaire à son terrible maxillaire.
O vision sinistre de la mort allemande.
Texte écrit en 1909, Max me l'a dit. C'est qu'il est prophétique l'ami Max !
Il ne se contente pas de lire la bonne aventure à sa riche baronne. Il écrit des choses qui se réalisent quelques années plus tard, d'une façon ou d'une autre.
Avec Max, on passe sans transition de la plus grosse bouffonnerie à la réflexion la plus profonde.C'est le maître de la Méditation
Le Cornet à dés ouvre une réflexion sur la mort qui tenaille Max sans
cesse. La composition du recueil est contemporaine de deux évènements de Vie:
- Octobre 1909 : apparition du Christ dans la chambre de la rue
Ravignan.
- Février 1915 : son baptême avec Picasso comme parrain.
Il va falloir que je parle tranquillement avec Max de tout ça. Je vais l'inviter chez moi, Avenue Félix Faure. Marre de le rencontrer toujours dans des bars ou restaurants au public frélaté.
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Bruno Chauvierre persiste avec son archidrame flagellateur , façon Paulin Gagne. Je lui montre ce que j'écris, et c'est vrai qu'il me conseille. Reste qu'il me faut supporter les déclamations de son archidrame.
Dernier exemple: il se déguise en chiffonnier à la gorge entaillée, l'oeil presque crévé, le front fendu par un coup de crochet à la suite d'une soi-disanr rixe sanglante; Et le voilà qui déclame:
- Bah ! Tout ça, c'est du velours! J'ai voulu dévisser le caillou à Courtebotte, il m'a égratigné le parchemin et soufflé ma Mirette, nous sommes manche à manche.
Langage incompréhensible, efforts inutiles de ce pauvre cousin, habitué à ne jamais faire comme personne! |